La CSI déplore l’augmentation des atteintes aux droits des travailleurs

InFO militante par  Maud Carlus, L’Info Militante

©Marta NASCIMENTO/REA

Dans son rapport Indice des droits dans le monde 2022, publié fin juin, la Confédération syndicale internationale compile les principaux indicateurs des violations des droits des travailleurs. Selon la CSI, ils ont atteint des niveaux record l’an dernier.

Face aux atteintes de plus en plus nombreuses, les droits des travailleurs doivent plus que jamais être protégés. C’est la conclusion du neuvième rapport de la CSI, classant 148 pays en fonction de leur respect de ces droits.

Après deux années de crise sanitaire, sur fond de pandémie toujours présente et à laquelle s’ajoutent désormais les conséquences économiques et sociales de la guerre en Ukraine, les travailleurs ne sont pas épargnés. Ils sont les premiers à payer le prix de ces crises, ainsi que leurs représentants syndicaux.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, rappelle ainsi que les travailleurs sont en première ligne des crises exceptionnelles et multifactorielles, et que bon nombre de gouvernements et d’employeurs profitent de cette instabilité pour s’attaquer aux droits des travailleurs.

Le modèle économique favorise une course vers le bas

D’après les chiffres cités par la CSI, le constat est accablant. Ainsi, en 2021, 106 pays auraient privé les travailleurs de leur droit de former des syndicats ou de s’y affilier. En Afghanistan, au Burkina Faso, au Myanmar et en Tunisie, les travailleurs n’ont eu droit à aucune représentation sur leurs lieux de travail. Globalement, 87 % des pays n’ont pas respecté le droit de grève. Ainsi, en Biélorussie, en Égypte, en Inde, au Myanmar, aux Philippines et au Soudan, les grèves ont été sanctionnées, par l’arrestation de dirigeants syndicaux, ou réprimées par la violence.

Et le rapport de conclure : cette situation ne saurait durer. Le modèle économique a favorisé une course vers le bas, au mépris des droits humains et des normes environnementales. […] Ce phénomène gagne du terrain.

Branislav Rugani, secrétaire confédéral au secteur International de FO, rappelle que la confédération s’inscrit dans la défense constante des syndicalistes qui pourraient être bafoués dans leurs droits, comme cela a été le cas dernièrement en Biélorussie et au Myanmar.

Tunisie : l’UGTT s’oppose aux réformes que voudrait imposer le FMI



Dépendante de la Russie et de l’Ukraine pour ses importations de blé, la Tunisie, qui fait face à une inflation inédite depuis trente ans, + 8,1 % en juin, craint une grave pénurie alimentaire. La Banque mondiale vient de lui accorder un prêt de 130 millions de dollars via un partenariat avec des bailleurs de fonds européens. Le FMI propose de son côté une aide conditionnée à des réformes sur les dépenses publiques, avec réduction de la masse salariale dans la fonction publique et en y pratiquant des réformes de rentabilité. Sans compter la demande de plus de privatisations. L’UGTT, qui demande plus de démocratie dans le pays et souligne la pauvreté et les difficultés que vivent déjà les salariés, s’est exprimée contre la proposition du FMI, revenant à imposer une austérité budgétaire, à aggraver encore la situation des salariés et avec la menace d’attaques sur leurs droits. Le syndicat a refusé de participer aux négociations.

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