La FGTA-FO appelle à la responsabilité de toutes les parties prenantes dans le conflit social en cours au sein de Carrefour

Communiqué de la FGTA-FO par FGTA-FO

Communiqué de la Fédération générale des travailleurs de l’agriculture, de l’alimentation, des tabacs et des services annexes Force Ouvrière

Le plan de réorganisation d’Alexandre Bompard pour Carrefour qui impacte durement les salariés est un événement qui, sous couvert de relance économique, a pour conséquence, outre l’annonce de plans sociaux immédiats ou rampants, une dégradation sans précédent du pouvoir d’achat des salariés de Carrefour, de leurs conditions de travail et des accords collectifs pour ceux dont le magasin passe en location-gérance.

Ces annonces, élaborées dans un simulacre de concertation avec les représentants des salariés, constituent un choc social que bien des grands actionnaires du groupe (dont certains comme Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, de Dior, et 4e fortune mondiale, de Nicolas Houzé, à la tête des Galeries Lafayette, ou le brésilien Abilo Diniz, qui ont déjà des intérêts dans les entreprises les plus profitables de France), légitiment pour assouvir leur course aux dividendes.

En ma qualité de secrétaire général de la FGTA-FO, premier syndicat dans la branche et dans le groupe Carrefour, et au nom des salariés de Carrefour, je déplore que la Direction du groupe ait choisi des méthodes expéditives pour imposer sa stratégie, sans considérer de manière responsable les impacts sociaux et sociétaux de ses choix sur de nombreux bassins de vie et de consommation.

La cohésion sociale de l’entreprise aurait dû rester indissociable de la pérennité du creuset social et économique que constitue Carrefour. D’autant que mon organisation syndicale a toujours démontré qu’elle était pleinement consciente des accélérations économiques, technologiques et organisationnelles sans précédent qui viennent inéluctablement impacter le modèle commercial du groupe. Force Ouvrière n’accepte cependant pas que ces mutations ne servent aujourd’hui qu’à justifier des décélérations sociales et des destructions d’emplois associées à la baisse organisée du pourvoir d’achat des salariés de Carrefour. Outre ces mesures néfastes d’un point de vue social, les pressions subies par les militants FO et grévistes ces derniers jours sont inadmissibles. Ce management par la peur peut mener à un point de non-retour dans les relations entre les salariés et les directions. Il est nécessaire d’y mettre un terme immédiatement.

Face à l’ampleur de la casse sociale programmée qui remet en cause 40 ans de dialogue social constructif, et dans l’intérêt de toutes les parties prenantes de l’entreprise, nous appelons à ce que la gouvernance de l’entreprise retrouve enfin le chemin de la responsabilité sociale.

Pour retrouver la confiance des 110 000 salariés du groupe, la Direction ne pourra plus se limiter aux déclarations d’intention sans lendemain qui ont été le lot des derniers mois.

Pour ma part, je me tiens prêt à relever ces enjeux dans l’intérêt général, mais au nom de mes mandants, j’alerte sur les risques d’explosion sociale non seulement dans ce groupe mais dans l’ensemble de la Distribution. Les salaires, les conditions de travail et le respect des salariés y sont aujourd’hui trop souvent fragilisés et c’est tout un modèle français d’intégration et de promotion sociale qui est aujourd’hui remis en cause.

J’appelle donc toutes les parties prenantes du groupe Carrefour (Direction, actionnaires, pouvoirs publics, salariés) à s’associer à notre appel pour que s’ouvre à nouveau un dialogue social de qualité qui a fait la réussite du premier employeur privé français.

De la capacité à se saisir de cette proposition dépendra en grande partie l’avenir du groupe Carrefour.

Dejan Terglav
Secrétaire général de la FGTA-FO

 Voir en ligne  : FGTA-FO

FGTA-FO AGRICULTURE, ALIMENTATION ET TABACS ET ACTIVITÉS ANNEXES

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