Conforama : la grève en réponse aux mesures indécentes du PSE

Conforama par Valérie Forgeront, journaliste L’inFO militante

Dans le cadre du PSE annoncé cet été, Conforama France (groupe Steinhof) a dévoilé mi-octobre des mesures de départs jugées scandaleuses par les salariés. A l’appel de trois syndicats, dont FO qui demande toujours le retrait du PSE, ils ont lancé une grève illimitée.

Annoncé en juillet par le groupe Steinhof, le plan social chez Conforama France impacterait 20% des effectifs. Il consisterait à fermer 32 magasins et à supprimer 1905 emplois, dont 600 dans des magasins, a priori, non condamnés. Mais rien n’est moins sûr.

Le syndicat FO redoute davantage de suppressions de postes qu’annoncées.

Au total, 76 magasins sont considérés en effet comme ayant de mauvais résultats. Par ailleurs, le plan de restructuration du groupe prévoit le lancement d’un nouveau concept de magasins lesquels compteraient moins de personnel (les 600 suppressions de postes prévues) et des salariés polyvalents.

Le 24 octobre, l’enseigne d’ameublement But se disant intéressée par le rachat d’une dizaine de magasins Conforma, annonçait qu’elle ferait une proposition de rachat en novembre.

Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’à la septième séance de négociation, le 15 octobre, que la direction a dévoilé les modalités de départ prévues par le PSE. Elle propose ainsi, en guise d’indemnités supra-légales, un forfait de 1000 euros pour une ancienneté inférieure à 10 ans, 2000 euros pour une ancienneté comprise entre 10 et 20 ans et 2500 euros au-delà. Par ailleurs, aucune mesure d’âge n’est prévue pour permettre le départ en retraite anticipée des salariés seniors.

« Ces mesures sont indécentes et scandaleuses. Tout le monde est en colère ou abattu. Ils nous ont fait poireauter jusqu’à la septième séance pour nous dévoiler ces mesures ! On a un camarade, magasinier, qui avec 27 ans d’ancienneté partirait au total avec moins de 20 000 euros ! Il y a de quoi se révolter » s’insurge Jacques Mosse-Biaggini, DSC FO chez Conforama. Il déplore par ailleurs de « devoir gérer en même temps le simulacre de négociation du PSE et les élections CSE (la direction a refusé de repousser les scrutins des 12 novembre et 5 décembre) ».

Le groupe Steinhoff doit y mettre les moyens

Si une huitième séance de négociation a eu lieu le 22 octobre -date d’une manifestation devant le siège social de Conforama à Lognes à l’appel de FO et qui a réuni quelque 200 personnes - les salariés ont contesté ces conditions de départs dès le 16 octobre. Trois syndicats dont FO -qui réfute le motif économique avancé par la direction et demande le retrait immédiat du PSE- ont appelé à une grève illimitée « tous les salariés de tous les établissements, qu’ils soient ou non appelés à fermer ».

FO exige des montants extra-légaux « décents » et demande 4000 euros par année d’ancienneté. Cela n’a rien d’irréaliste. La direction, qui prétend que Conforama France n’a pas les moyens de donner plus, n’a prévu que 100 millions d’euros pour ce PSE, « mais c’est déloyal ! » explique le militant.

« La Direccte (Travail et Emploi, Ndlr) nous a confirmé que les moyens dédiés au PSE doivent être proportionnels à ceux du groupe. Or, en 2018, Steinhoff a réalisé 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde. On a également appris, par une fuite, que le PSE était sur la table depuis décembre 2018. C’est dire si l’on doit faire face à la mauvaise foi incroyable de la direction ! »