La grève se poursuit à la maison de retraite de Montigny-lès-Cormeilles

Conditions de travail par Clarisse Josselin

Face au refus de négocier de la direction, l’appel à la grève lancé par FO, initialement prévu pour les 5 et 6 octobre, a été prolongé jusqu’au 8 octobre à l’Ehpad John Lennon. Les salariés dénoncent des changements d’horaires inadaptés, des erreurs dans la régularisation des salaires et une surcharge de travail.

« On n’en peut plus, lâche Samira Benammar, déléguée FO au sein de l’établissement. Les problèmes ont commencé quand on a été rachetés en 2012 par FamiliSanté, avec une gestion confiée à Orpea. On subit la pression des cadres, on est déconsidérés, stressés. Plusieurs collègues sont en arrêt longue maladie pour dépression ».

L’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes emploie 48 salariés pour 90 résidents. La moitié du personnel est en grève. Leur première revendication concerne le refus d’un changement d’horaires pour les agents hospitaliers et les aides soignantes, qui devait démarrer le 6 octobre.

« Depuis janvier 2013, on est passé de sept à dix heures de travail par jour, explique la déléguée FO. Désormais, on veut nous imposer des journées de douze heures, avec deux heures de pause. Mais il y a une telle charge de travail qu’on n’a même pas le temps de s’arrêter une heure. On essaie de nous berner. »

Il manque toujours quelque chose, parfois même des changes

Elle évoque aussi une dégradation de conditions de travail. « On est en sous-effectifs et il manque toujours quelque chose, parfois même des changes, poursuit-elle. On fait ce qu’on peut, mais quand une seule personne doit s’occuper de quatorze chambres dans la matinée, c’est une forme de maltraitance. »

Un autre grief concerne la régularisation des salaires. « L’ancien employeur ne nous payait pas au Smic, il calculait le montant sur l’année en incluant les treizième et quatorzième mois, poursuit-elle. On a eu une régularisation en mai dernier, mais la direction refuse de nous donner les détails du calcul. Les montants versés sont insuffisants, certains éléments comme l’ancienneté n’ont pas été pris en compte et certains salariés n’ont même pas été régularisés. »

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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