La naissance de la CGT-FO

Congrès confédéral 2022 à Rouen par Christophe Chiclet, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Congrès confédéral 2022 à Rouen

Sur fond de tensions sociales accrues en France, dans un contexte international particulièrement explosif avec les prémices de la guerre froide : c’est dans cet environnement que FO voit le jour.

D ébut 1947 la France est toujours exsangue, le rationnement est toujours en vigueur et l’inflation mange les salaires. Début février des grèves éclatent dans la fonction publique, la presse et les ports. Le 24 avril, les chaînes de montage de la régie Renault s’arrêtent.

Les ouvriers demandent une augmentation de salaire. La CGT, déjà communisée, dénonce cette grève venue de la base. Ces grévistes rejoindront en masse FO quelques mois plus tard. Le 4 mai, Paul Ramadier renvoie les ministres communistes. En juin, des grèves ont lieu dans plusieurs secteurs : boulangerie, SNCF, EDF-GDF, les banques et les mines, contre le rationnement alimentaire.

Le 13 novembre 1947, les mineurs du Nord débrayent. Le 19, les métallos suivent. Le 27, la France est paralysée. Le gouvernement rappelle alors 80 000 réservistes tandis que le PCF joue la guerre civile, sans doute sous les ordres de Staline.

L’aventure commence en avril 1948

Léon Jouhaux et ses amis de la minorité du Bureau confédéral notent qu’à l’évidence ces grèves ont un caractère purement politique. Le gouvernement Schuman ne recule pas, le travail reprend le 9 décembre mais le salaire minimum est augmenté. Le vendredi 19 décembre, dans l’après-midi, Léon Jouhaux, Robert Bothereau, Albert Bouzanquet, Pierre Neumeyer et Georges Delamarre remettent leur démission au deuxième secrétaire de la CGT, Benoît Frachon. Les dés sont jetés. L’aventure de la CGT-FO peut commencer. Elle tiendra son premier congrès constitutif les 12 et 13 avril 1948, en pleine guerre froide.

Sa fondation se fera dans la douleur. Dans les usines, les nervis de la CGT stalinisée n’hésiteront pas, au début, à attaquer physiquement des militants de FO. L’organisation a pour le moins démontré la légitimité de son existence. Elle célèbre cette année ses 74 ans...

 

Des conquêtes sociales en quelques dates
  • 21 mars 1884 : loi Waldeck-Rousseau : reconnaissance des syndicats.
  • 5 avril 1928 – 30 avril 1930 : premières lois sur l’assurance sociale.
  • 7 juin 1936 : accords de Matignon : deux semaines de congés payés, semaine de 40 heures, augmentation des bas salaires de 15 %, généralisation des conventions collectives, création de la SNCF (en 1937) avec des billets de train abordables pour les travailleurs.
  • Juin 1945 (ordonnances des 4-19 octobre) : naissance et mise en place de la Sécurité sociale.
  • 11 février 1950 : loi sur les conventions collectives grâce aux grandes grèves lancées par FO
  • le 25 novembre 1949.
  • 31 décembre 1958 : création de l’Assurance chômage.
  • Juin 1968 : accords de Grenelle : augmentation des salaires, reconnaissance de la cellule syndicale d’entreprise.
  • 1982 : cinquième semaine de congés payés et semaine de 39 heures.
  • 1983 : retraite à 60 ans.
  • 13 juin 1998 : lois sur les 35 heures.

Christophe Chiclet Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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