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La tension monte dans les maisons de retraite

, Françoise Lambert

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Mobilisation à l’initiative de FO à l’Ehpad les Rives d’Ode à Carcassonne (Aude).

A l’appel de Force Ouvrière, les personnels des Ehpad publics et privés de la région Occitanie étaient mobilisés le 9 novembre pour protester contre l’insuffisance des financements et des effectifs, qui entraînent une dégradation sans précédent de leurs conditions de travail et des conditions d’accueil des résidents.

Le mécontentement et l’inquiétude s’amplifient dans les maisons de retraite médicalisée. En Occitanie, FO appelait jeudi 9 novembre à une mobilisation régionale contre la dégradation de l’accueil des résidents et l’aggravation des conditions de travail des personnels, en lien avec des financements et des effectifs insuffisants.

Cette journée d’action s’inscrit dans un mouvement national initié par la fédération des services publics et de santé FO (SPS-FO) depuis la rentrée sur la question des Ehpad, avec en point d’orgue une conférence nationale programmée à Paris le 28 novembre.

Une tarification contestée

Le syndicat s’alarme notamment de la mise en place cette année d’un nouveau mode de calcul pour le financement des maisons de retraite. Cette tarification est contestée par les organisations syndicales et les professionnels du secteur, au motif qu’elle accentue les inégalités entre départements et se traduit par des restrictions budgétaires.

3 000 postes menacés

On retire aux établissements dits surdotés pour donner aux sous-dotés sans ressources supplémentaires, alors de 85% des Ehpad sont déjà sous-dotées, explique Gilles Gadier, secrétaire régional Occitanie FO Santé, Le nouveau mode de calcul va avoir pour conséquence de supprimer 200 millions d’euros par an de financement des Ehpad au niveau national, ce qui représente environ 3 000 postes.

Débrayages et rassemblements

C’est pour protester contre cette situation que les personnels des Ehpad de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, de Lozère et des Pyrénées-Orientales ont cessé le travail et ont participé à des rassemblements devant leurs établissements le 9 novembre.

Dans le Gard, les personnels des maisons de retraite du département se sont regroupés en trois rassemblements. L’un à Nîmes, devant l’Ehpad de Serre Cavalier qui dépend du CHU et compte pas moins de 500 lits, et les deux autres devant les Ehpad de Saint-Ambroix dans le bassin d’Alès et de Pont-Saint-Esprit.

Des journées de 10 heures

À l’Ehpad de Saint-Gilles, il n’y a que 17 aides-soignants pour 80 résidents et les personnels sont obligés de faire des journées de 10 heures, indique Audrey Solignac, secrétaire du groupement départemental FO du Gard, À Redessan, les sept contrats aidés supprimés ont été remplacés par trois CDD d’un mois. Les aides soignants vont travailler la boule au ventre car ils n’ont pas le temps de soigner et d’accompagner les résidents.

Douces espacées et repas au lance-pierre

Toutes ces restrictions budgétaires et ces effectifs en moins, ça veut dire plus du tout de temps pour la parole, des douches espacées, des toilettes en un temps record, et des repas au lance-pierre, s’exaspère-t-elle.

Dans une lettre rendue publique adressée au président de la République Emmanuel Macron le 18 octobre, des syndicats dont FO et l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) dénonçaient une situation explosive dans les Ehpad et demandaient le retrait de la convergence tarifaire, la nouvelle réforme des tarifs.

Jeudi 9 novembre, les représentants FO des Ehpad d’Occitanie sont allés porter leurs cahiers de revendications auprès des conseils départementaux et des délégations départementales de l’Agence régionale de santé (ARS), les deux financeurs des Ehpad, avec les familles.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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