La tentation du large

Le Tour Grand départ

Article publié dans le cadre de la campagne Tour de France 2015

Le Tour 2015 s’élance d’Utrecht, aux Pays-Bas. Mais contrairement aux idées reçues, les grands départs de l’étranger sont loin d’être une manie récente de la Grande Boucle…

Un Tour de France qui part de l’étranger, cela en fait toujours râler certains. Mais l’idée selon laquelle « c’était mieux avant » ne tient pas vraiment. Car Utrecht devient cette année la sixième ville néerlandaise à accueillir le Grand départ du Tour… En 1954, c’est en effet Amsterdam qui était devenue la première ville non française à donner le top départ de la Grande Boucle. Il faut dire que jusqu’en 1950, le Tour n’avait jamais connu qu’une seule ville de départ : Paris. Il s’est ensuite offert un peu plus de liberté sans se limiter aux frontières françaises ; et si le Tour est aujourd’hui si connu dans le monde entier, c’est aussi parce qu’il a su exporter physiquement sa magie dans d’autres pays. Après Amsterdam, Scheveningen (1973), Leyde (1978), Bois-le-Duc (1996), Rotterdam (2010) et maintenat Utrecht (2015) ont aussi lancé le Tour depuis les Pays-Bas, faisant du pays batave le premier organisateur étranger de grands départs.

L’ITALIE, DERNIER DÉLAISSÉ

Pas besoin, donc, d’avoir une frontière commune avec la France pour lancer la Grande Boucle. L’Irlande (Dublin 1996) et le Royaume-Uni (Londres 2007, Leeds 2014) en savent aussi quelque chose. Mais la plupart des pays frontaliers avec l’Hexagone ont également connu cet honneur. La Belgique, par ailleurs toujours mise à l’honneur quand le Tour est parti des Pays-Bas, a accueilli quatre grands départs : Bruxelles en 1958, Charleroi en 1975 et Liège en 2004 et 2012. L’Allemagne en a organisé trois (Cologne 1965, Francfort-sur-le- Main 1980 et Berlin-Ouest 1987), le Luxembourg deux (Luxembourg 1989 et 2002), la Suisse (Bâle 1982), l’Espagne (Saint-Sébastien 1992) et Monaco (2009) un. Seuls deux pays frontaliers manquent à l’appel : la principauté d’Andorre et surtout l’Italie, qui a parfois hébergé le Tour pour un départ ou une arrivée d’étape, mais jamais pour un grand départ.

UNE PRATIQUE QUI S’INTENSIFIE

Cela fait donc plus de soixante ans que le Tour de France a pris l’habitude de régulièrement s’élancer d’un pays étranger. Mais, indéniablement, la pratique s’est récemment intensifiée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : il y a deux grands départs du Tour à l’étranger dans les années 1950, un dans les années 1960, trois dans les années 1970, quatre dans les années 1980, trois dans les années 1990, quatre dans les années 2000, et déjà quatre dans les années 2010, alors que la décennie n’en est qu’à sa moitié… Depuis 2009, seules deux éditions du Tour sont parties de France : en 2011 de Vendée, et en 2013 de Corse. Un peu de baume au coeur des grincheux : l’édition 2016 s’élancera du Mont Saint-Michel…

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