Santé

Le 29 mars, les orthophonistes déterminés à se faire entendre

, Françoise Lambert

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Jeudi 29 mars, les orthophonistes manifestent à l’appel de FO et de huit autres organisations, dont celle des étudiants de la filière. Les spécialistes des troubles de la communication revendiquent un reclassement qui tienne compte de leur niveau de qualification.

Les orthophonistes ne désarment pas. Cela fait bientôt quatre ans qu’ils sont mobilisés pour obtenir un reclassement, et donc une rémunération, qui corresponde à leur niveau d’études, d’autonomie et de compétences.

Après une participation massive à la journée de défense du service public le 22 mars, ils manifesteront de nouveau jeudi 29 mars, avec la ferme intention de se faire enfin entendre par le gouvernement, à l’appel de FO et de huit organisations, dont celle des étudiants de la filière (FNEO), qui seront à leurs côtés.

Les syndicats demandent à être reçus au ministère

À Paris, un rassemblement est prévu devant le ministère de la Santé à partir de 11 heures et une délégation syndicale demande à être reçue par le cabinet.

La durée de formation des orthophonistes, qui atteignait quatre ans depuis 1986, a été portée à cinq ans en 2013.

Ils revendiquent des salaires de niveau Master

Un décret publié le 11 août 2017 a officialisé le reclassement salarial à bac +3, pour des professionnels de santé titulaires d’un diplôme bac +5. Nettement insuffisant pour les spécialistes des troubles de la communication et leurs syndicats, qui revendiquent des grilles de salaire de niveau Master.

Le reclassement a été imposé en catimini aux orthophonistes hospitaliers […] au mépris de l’avis de l’ensemble des organisations syndicales, rappellent les syndicats. Dans le même temps, aucune évolution n’a été proposée pour les orthophonistes salariés du secteur privé.

Depuis, le ministère de la Santé refuse toute rencontre sur le problème qui de cesse de s’aggraver, ajoutent-ils.

Burn-out et démissions

Les orthophonistes et leurs syndicats s’alarment du manque d’attractivité de leur métier. La profession n’attire plus les jeunes, la pyramide des âges est vieillissante, et de nombreuses démissions d’orthophonistes salariés dans les établissements sanitaires ou médico-sociaux menacent l’avenir même de la profession.

De plus en plus de collègues sont en burn-out, y compris chez les libéraux, car ceux-ci ne peuvent plus faire face à toutes les demandes de rendez-vous, les délais d’attente pour une consultation peuvent atteindre 12 à 18 mois, indique Christine Arcay, représentante FO des orthophonistes. Cela peut s’avérer dramatique, par exemple en cas d’AVC, où la récupération du patient dépend d’une prise en charge très rapide.

Des conditions de formation très dégradées

Les conditions de formation des étudiants sont très dégradées, nous n’avons plus les moyens d’assurer correctement les encadrements de stage, les directions de mémoire, voire certains enseignements, ajoute la militante FO.

En cas d’absence de réponse du gouvernement, les syndicats ont d’ores et déjà prévu de se revoir pour envisager une suite à leur mouvement.

On dénombre aujourd’hui environ 23 500 orthophonistes en France, dont 1 760 dans la fonction publique hospitalière et 2 750 salariés dans d’autres secteurs.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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