Le 5 octobre, il s’agit vraiment qu’on réussisse. J’appelle vraiment les salariés et salariées à s’associer à cette mobilisation, à manifester, à se montrer

Intrerview d’Yves Veyrier sur France Bleu Gascogne par Yves Veyrier, Secrétaire général de Force Ouvrière

Intrerview d’Yves Veyrier sur France Bleu Gascogne (vendredi 24 septembre à 8h16) lors du rendez-vous d’actualité « le plaçot de France Bleu Gascogne " par Pierre Alber Brain.

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Yves Veyrier est dans les Landes aujourd’hui pour tenir notamment un meeting, raout syndical énervé, à 17h30 à Mont de Marsan. Quelques dossiers en vue de la grève nationale du 5 octobre, appel à gros mouvement général sur tout le territoire. Le menu est épais : réforme des retraites, recul de l’âge de départ à la retraite, baisse du pouvoir d’achat des retraités, mais aussi des autres, précarité des salariés, réforme de l’assurance chômage, échéances électorales qui sont autant d’occasions de rebattre les cartes et d’accentuer la pression des syndicats sur le pouvoir ou sur ceux qui aspirent à le prendre. Il y a « du mail », le chantier est lourd. Force Ouvrière qui demande l’augmentation des salaires, des minimas sociaux, du Smic, la revalorisation des salaires dans la Fonction publique, bref qui rameute la troupe. Bonjour Yves Veyrier. Merci d’être avec nous sur France Bleu Gascogne ce matin.

Yves Veyrier  : Bonjour

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Bon en vue de la mobilisation du 5 octobre, votre carnet de revendications – j’ai regardé – c’est l’inventaire à la Prévert. Il y en a pour tout le monde et il y en a une sacrée couche !

Yves Veyrier  : L’inventaire à la Prévert, oui, parce que vous venez d’énumérer assez bien les motivations de cette décision de faire une journée de mobilisation. On veut donner un signal fort ce 5 octobre. C’est le sens de cette journée. Est-ce que c’est un catalogue à la Prévert ? Non. Ce sont les sujets auxquels on est confrontés. L’assurance chômage et sa réforme que le gouvernement veut absolument imposer alors que les cinq confédérations qui sont, depuis les origines, autour de la table des négociations de l’assurance chômage y sont opposées, que le Conseil d’État l’a suspendue… c’est le gouvernement qui insiste, qui s’obstine

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Oui, mais à tellement demander, ne risque-t-on pas d’obtenir peu ? Parce le 5 octobre, ce n’est pas la révolution, ce n’est pas la lutte finale ?

Yves Veyrier  : la question n’est pas « à tellement demander ? ». Vous savez, « qui ne tente rien n’a rien ! ». Et nous pensons que ces sujets sont majeurs. L’agenda nous est imposé par les décisions. On s’explique avec le gouvernement. On le rencontre, on lui explique pourquoi sur tel sujet on n’est pas d’accord. Vous venez d’évoquer le sujet des retraites. Juste avant, dans votre journal, est annoncé un nouveau plan social au sein d’Ariane Groupe avec six cents départs, dont la plupart, si ce sont des départs non contraints, volontaires, vont se traduire en réalité par des départs anticipés, de facto, à la retraite. On va essayer de faire en sorte que ce soient ceux qui sont le plus proche du départ à la retraite pour éviter la casse dans ces situations. C’est ce que nous avons fait dans l’aéronautique, dans l’automobile, etc… Et, dans le même temps, le gouvernement nous dit – et pour ceux qui avaient un doute les choses sont de plus en plus claires – qu’avec la réforme des retraites, il s’agit de faire en sorte que ceux qui ont encore du boulot au moment de la retraite devront travailler plus longtemps ! Cela concerne les générations actuelles, les générations futures.

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Donc vous faites la démonstration que l’action syndicale elle ne sert pas à grand-chose. Elle est certes une vieille, vénérable, institution, mais y a-t-il encore une force ouvrière constituée dans le pays et les syndicats servent ils encore à quelque chose ? Vous avez été débordés par le mouvement des gilets jaunes, par exemple, et votre crédibilité est à la mesure du nombre de vos adhérents. Les syndicats combien de divisions ?

Yves Veyrier  : Dans ce que vous venez de dire il y a deux aspects. Un, la réforme des retraites, souvenez-vous, c’était « la mère des réformes » de ce Président de la République, dans sa campagne, lorsqu’il a été élu. Et on a, pendant deux années et demie de concertations, démontré qu’il ne parvenait ni à l’expliquer ni à convaincre, et, oui, on a eu recours, au final, parce que nous n’étions pas entendus, à une mobilisation. Certes la pandémie a conduit à ce que le gouvernement doive suspendre sa réforme, mais jusqu’à ce moment-là, en tout cas, nous avions finalement réussi à se faire entendre d’une manière et d’une autre ! Si je prends l’assurance chômage, la réforme aurait dû rentrer en vigueur à la fin de l’année 2019…

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Où est ce que j’ai raison ?

Yves Veyrier  : Là où vous avez raison, c’est qu’il y a un enjeu majeur pour les syndicats – vous parliez du mouvement des gilets jaunes – c’est le salariat qui est très dispersé aujourd’hui. On a beaucoup parlé des « deuxièmes lignes » par exemple. Cela fait partie des sujets du 5 octobre – les emplois qui sont scotchés à bas salaire, à temps partiel, qui sont souvent des emplois où vous n’êtes pas dans une grande entreprise. C’est vrai que nous avons plus de mal à convaincre ces salariés de venir au syndicat, de s’organiser syndicalement, parce qu’ils ne sont pas dans des collectifs d’employés. Cela fait partie des difficultés. On aura demain une autre difficulté, c’est le télétravail. Donc, oui, on a aussi beaucoup à faire de notre côté. Il faut que l’on réussisse à convaincre les salariés de l’utilité, de l’importance du syndicat.

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Yves Veyrier, c’est la bonne saison, celle des échéances électorales pour être écouté et obtenir ? Mais en même temps « paroles, paroles » … Vous faites encore confiance aux candidats à la présidentielle ? Vous comptez pesez ? Sérieusement, de vous à moi ? Sérieux !

Yves Veyrier  : Le 5 octobre, il s’adresse, vous l’avez d’ailleurs mentionné également, à ceux qui nous gouvernent aujourd’hui et à ceux et celles qui aspirent à nous gouverner demain. Donc le 5 octobre il s’agit vraiment qu’on réussisse. J’appelle vraiment les salariés et salariées à s’associer à cette mobilisation, à manifester, à se montrer.

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : C’est le bon moment au sortir d’une crise pandémique inédite ? d’une situation sanitaire qui n’est pas encore stabilisée ?

Yves Veyrier  : C’est le moment au sens où on doit prévenir pour éviter demain d’avoir à guérir. Vous l’avez dit, on sort d’une crise sanitaire, la situation économique repart mais il y a beaucoup d’instabilité – on vient de parler des suppressions d’emplois à Ariane Groupe – donc il faut que l’on soit très attentifs, très vigilants sur la façon dont on va sortir, sur le plan économique, sur le plan social, de cette crise sanitaire. Que l’on ne passe pas de la case « aides publiques » à la case « licenciements ». Que le « quoi qu’il en coûte » ne devienne pas un « quoi qu’il en coûte aux salariés ». Et, sur la question que vous me posiez, sur l’efficacité du syndicat : par exemple, le Premier ministre vient d’annoncer des recrutements dans le secteur de l’aide à domicile, des Ehpad, en lien avec le grand âge, la dépendance. Depuis 2019, Force Ouvrière, et nous l’avons expliqué aux pouvoirs publics, nous avons un mot d’ordre qui est celui de la reconsidération et de la revalorisation d’ensemble des métiers de services à la personne. Alors on est un petit peu entendu. Pas suffisamment, mais, vous voyez, on fait progresser les choses. Le Ségur de la santé, c’est 16% à 20% de revalorisations de salaires pour certaines catégories avec les 183€ pour tous. Donc, il y a des choses qui avancent, mais elles ne font pas le buzz.

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Si je vous suis, Yves Veyrier, les mesures gouvernementales, quoi qu’il en coûte, les mesures européennes… vive Macron, vive l’Europe, on a été sauvés… vous allez voter Macron au mois d’avril ?

Yves Veyrier  : Ha, vous savez que la confédération Force Ouvrière, elle est fondée sur l’indépendance du syndicat.

Pierre Albain Blain (France Bleu Gascogne)  : Vous dites merci Macron à l’heure actuelle ?

Yves Veyrier  : Non, non, non… Si nous n’avions pas été là… L’activité partielle de longue durée, par exemple, est le produit d’une négociation qui a été conduite dans certaines branches, notamment l’industrie, et qui a été ensuite élargie de manière plus générale, parce que les syndicats ont porté la nécessité de préserver les emplois, et l’activité partielle fait partie des dispositifs qu’on a soutenu à ce moment-là. Si on a protégé les caissières – quand on parlait des deuxièmes lignes – avec des parois de plexiglass, alors qu’il n’y avait ni masque, ni gel, c’est parce que le syndicats se sont mobilisés auprès des responsables de la distribution du commerce alimentaire. Je pourrais en citer d’autres…
Je ne dis merci à personne d’autre que à ceux que nous réussissons à convaincre, autour de nous, les salariés, de la justesse de telle ou telle revendication et action !

 

Yves Veyrier Secrétaire général de Force Ouvrière

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