Congrès d’UD

Le Morbihan en lutte contre l’austérité sous toutes ses formes

, Clarisse Josselin

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Le XXIXe congrès de l’union départementale du Morbihan s’est tenu le 19 juin à Lorient, avec 170 participants, sous la présidence de Pascal Pavageau.

Les salaires et le devenir des services publics sont revenus à plusieurs reprises dans la quinzaine d’interventions à la tribune du congrès. « Les inquiétudes portent sur le pouvoir d’achat mais aussi sur la santé, l’école, les impôts, explique Pierrick Simon, secrétaire général de l’union départementale du Morbihan, réélu dans ses fonctions à l’unanimité. Nous sommes un département rural et la baisse des effectifs commence à se faire sentir. »

En 2014, FO avait rejoint la forte mobilisation qui avait permis de trouver un sursis pour l’hôpital de Guéméné sur Scorff, un établissement de 200 salariés menacé de fermeture.

Les craintes portent également sur les conséquences qu’aurait la disparition des départements, notamment pour le conseil départemental où FO est majoritaire.

Dans sa résolution, le congrès revendique dans les organismes sociaux « l’arrêt des suppressions de postes, l’arrêt des fermetures des antennes et la remise en cause de l’accueil des assurés, l’arrêt de la détérioration des conditions de travail et l’arrêt des mutualisations. »

L’union départementale refuse aussi le pacte d’avenir de la Bretagne, « déclinaison régionale du Pacte de responsabilité » dénonce Pierrick Simon. Ce « pacte » regroupe près de deux milliards d’euros d’aide ou de prêts, répartis entre des mesures d’urgence pour les salariés et les filières en difficulté, des dispositions en faveur de l’emploi, de l’enseignement supérieur et la recherche, l’agroalimentaire…

« Nous sommes le seul syndicat qui boycotte les réunions, poursuit Pierrick Simon. C’est comme si l’agroalimentaire était uniquement le problème de la Bretagne. Ce pacte met en place des officines de reclassement qui ne servent à rien, sauf à leur propre enrichissement. Chez Doux, seuls 140 salariés sur 1 180 ont retrouvé un emploi. Et le dumping social se poursuit. » Il craint qu’à terme, avec la régionalisation, chaque région puisse fixer ses propres règles sociales.

FO se renforce aussi auprès des isolés

L’union départementale s’est battue contre les politiques d’austérité sous toutes leurs formes : le traité européen de stabilité budgétaire, la RGPP et MAP dans les services publics, le pacte de responsabilité, la destruction du droit du travail, l’allongement de la durée de cotisation retraites…

Dans sa résolution, le congrès « dénonce les politiques de déréglementations généralisées et systématiques dans tous les secteurs ». Il dénonce aussi « les attaques sans précédent contre tous les droits sociaux au travers de la loi Rebsamen ou la mission Combrexelle. Il revendique « une hausse généralisée des salaires, traitements et pensions », surtout « dans un département comme le nôtre où les salaires sont bas ».

Localement, FO s’inquiète de la situation du groupe agroalimentaire Bernard-Jean Floc’h, qui améliore ses bénéfices mais supprime des postes. Pour ce secteur, le congrès revendique dans sa résolution « le maintien des emplois existants », « une vraie prise en compte de la pénibilité des métiers » et « la mise sous surveillance des aides aux entreprises type CICE ».

Fort de ce dynamisme, le syndicat se développe. Le nombre d’implantations et d’adhésions est en hausse, notamment dans l’agroalimentaire et les transports routiers. FO se renforce aussi auprès des isolés, salariés des petites entreprises.

« Nous avons été la première union départementale à organiser un colloque dédié aux assistantes maternelles, avec une centaine de participants en mai 2014 », se réjouit Pierrick Simon. Une nouvelle édition est déjà sur les rails pour l’automne.

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