[Le mot] Niche

Fiscalité par Michel Pourcelot

Où vont se nicher les significations du mot niche ? On le retrouve jusque dans les finances publiques, où l’on parle de niche fiscale. Ce n’est pas un abri doré pour chien de garde, quoique, mais un créneau où l’on peut loger de quoi rendre plus douillette la vie fiscale. Le montant total des niches fiscales (officiellement dénommées « dépenses fiscales » car entraînant des pertes de recettes budgétaires pour l’État), a été évalué par Bercy à 100,4 milliards d’euros en 2018, en hausse de sept milliards par rapport à 2017. La seule évocation d’en clore quelques-unes a fait grogner le Medef, défendant pour une fois l’assistanat (aux entreprises), qui décidément se niche partout.

De la niche au palais

A des degrés divers, un bon nombre de niches relèvent du logement et du BTP, et ce à hauteur de 18 milliards d’euros en 2018, selon la Cour des comptes. Mais la plus spectaculaire d’entre elles a coûté 20 milliards d’euros. Elle portait, gravé dans le bois de son fronton, le mot CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et a ravi le patronat. Du coup elle a été dé-nichée pour être pérennisée en un palais de l’exonération (pour un coût de 20 milliards d’euros supplémentaires). Le génie fiscal était sans doute dans la niche.

Michel Pourcelot Journaliste

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