Événement - FO Hebdo

Le point de vue de l’économiste Henri Sterdyniak

, Nadia Djabali

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, déplore que, dans leur ouvrage Le Négationnisme économique, Pierre Cahuc et André Zylberberg oublient à quel point l’économie est une science diverse. Et il est très difficile de dire, a priori, que tel économiste prononce un discours idéologique et que tel autre ne le fait pas.

Avant la crise de 2007, poursuit Henri Sterdyniak, une partie importante des économistes faisait l’éloge des marchés financiers qui, selon eux, permettaient d’allouer au mieux les capitaux disponibles. La crise a montré que ce jugement était complètement erroné. Est-ce que les économistes dénonçant les risques des marchés financiers étaient des idéologues alors que ceux qui spécifiaient qu’il n’y avait aucun problème ne faisaient pas de politique ? Lesquels ne sont pas des scientifiques ? Cela se discute.

Dégradation et déséquilibres

**Qui fait de l’idéologie ou pas ? cela se discute…

Les économistes hétérodoxes analysent le fait qu’avec la mondialisation, la situation des classes populaires s’est dégradée dans l’ensemble des pays anglo-saxons, en France, en Allemagne, etc. Et analyser cette dégradation signifie, pour les auteurs du Négationnisme économique, faire de la politique. Le choix méthodologique de ces deux économistes consiste à désigner le niveau trop élevé des bas salaires comme principale cause des crises. Alors que cela fait quatre-vingts ans qu’il est établi que les déséquilibres peuvent avoir d’autres causes.

Enfin, conclut Henri Sterdyniak, Pierre Cahuc et André Zylberberg se préoccupent des relations éventuelles que certains économistes hétérodoxes entretiennent parfois avec des syndicats ouvriers, ou avec des associations qui se préoccupent de changer les choses. Mais ils oublient la masse des économistes liés à la banque, ou dont les travaux sont financés par les industriels.