Revue de presse

Le pouvoir d’achat à la « une »

, Michel Pourcelot

Recommander cette page

La question cruciale du pouvoir d’achat s’est spectaculairement invité, via le mouvement des « gilets jaunes », au travers des médias. Aperçus.

La Nouvelle République
Les annonces effectuées hier, mardi [4 décembre], par le Premier ministre n’ont pas comblé les attentes des Gilets jaunes installés au niveau du rond-point de la Patte-d’Oie, à Saint-Gervais-la-Forêt. [...]. Au départ, nous étions dehors en raison des taxes, notamment sur les carburants, a reconnu Claude, qui a écouté avec intention les paroles du chef du gouvernement. Pour ce retraité, les revendications outrepassent à présent cette seule problématique. Aujourd’hui, nous sommes là pour le pouvoir d’achat. Pour l’augmentation du Smic, pour l’amélioration des conditions de vie des retraités. Bruno, qui envisage de monter à Paris le 8 décembre, redoute par ailleurs, comme Claude, que le seul souhait des dirigeants politiques français soit de faire retomber la mobilisation, pour rétablir leurs mesures contestées « dès l’été »... Ce qui ne serait pas une première.

Libération
Selon les dernières données de l’Insee, publiées il y a deux mois, le pouvoir d’achat par unité de consommation a progressé de 0,6% au deuxième trimestre… après avoir chuté de 0,6% au premier. Le rebond s’explique notamment, selon l’Insee, par la baisse des impôts sur le revenu et le patrimoine, principalement due au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI)... Ce qui revient à dire que la hausse pour les plus fortunés a masqué la baisse pour la plupart des autres.

La Croix
La disparition de l’ISF et l’allégement de la fiscalité sur le capital se révèlent extrêmement favorables pour les Français du très haut du panier, le top 1% des plus aisés. C’est un choix fait au nom de la compétitivité, pour relancer l’investissement et donc l’emploi, plaide la vice-présidente du groupe LREM Amélie de Montchalin. Cet argument macroéconomique reste difficilement audible pour ceux qui jugent qu’on leur en demande toujours plus, toujours trop. Surtout quand on n’a pas grand chose.

Marianne
En parlant d’oreilles, A quoi voit-on qu’un pouvoir est sourd et aveugle aux protestations ? Réponse : au simple fait qu’il ne change rien à sa politique. Ce lundi 3 décembre, le gouvernement et la majorité LREM à l’Assemblée nationale font la démonstration de cet axiome en adoptant, définitivement mais sans changement, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 (PLFSS). Or, le projet de loi contient une mesure qui touche les retraités au portefeuille : la sous-indexation des pensions. Concrètement, le texte prévoit de ne revaloriser celles-ci que de 0,3%, quand l’inflation constatée en 2017 avoisine 1,7%. Pour les retraités, la perte de pouvoir d’achat, selon Votre argent et Vous, s’établit entre 500 et 1 500 euros par an, à laquelle il faut ajouter, depuis le 1er janvier dernier, l’augmentation de 1,7 point de la CSG pour tous les retraités touchant plus de 1 200 euros par mois et par personne (voire moins dans le cas des couples). Cette disposition qui, à ce niveau de régression, est une première dans l’histoire de la Sécurité sociale française, fait bien entendu partie du bloc de revendication des gilets jaunes, qui sont souvent eux-mêmes des retraités.

Le Parisien
Résultat : leurs bas de laine à sec, les Français ont le moral dans les chaussettes. En novembre 2018, selon l’Insee, la confiance des ménages a atteint son niveau le plus bas depuis février 2015. Plusieurs clignotants sont passés au rouge. En pleine grogne des Gilets jaunes sur le pouvoir d’achat, les ménages estiment que leur situation financière se dégrade ou est quasi stable. À tel point qu’ils sont nombreux à vouloir reporter des achats importants. Là encore, c’est du jamais-vu depuis décembre 2015. Un mauvais signe pour la croissance où la consommation reste l’un des piliers de l’économie française. Et à vouloir scier les piliers sur lesquels est sont assises bien des fortunes.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Mercredi 12 décembre de 12h00 à 12h30

    BFM Business
    Yves Veyrier sera l’invité d’Hedwige Chevrillon sur BFM Business.