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Le Tour de France : Petits ajustements, grands changements ?

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Col d’Aubisque. Inscrit au programme de la 19e étape du Tour 2018, le col d’Aubisque, dans les Pyrénées, fait partie des trois dernières étapes de montagne. Elles seront décisives pour le classement final des coureurs. © ASO

Le règlement du Tour de France évolue sur plusieurs points à l’occasion de cette édition 2018. À chaque fois, le même but : rendre la course plus spectaculaire.

Comment dynamiser le vélo ? Cette question agite le milieu depuis plusieurs années maintenant et le constat d’un spectacle en baisse à mesure que le temps d’antenne à la télévision, lui, augmente. Les pistes pour y répondre sont nombreuses. Pour ce Tour 2018, plusieurs d’entre elles ont été choisies par l’organisation. Tour d’horizon de ces petits ajustements qui pourraient créer de grands changements.

Moins de coureurs, plus de folie ?

Depuis le début du XXIe siècle, les attaques en montagne ont lieu de plus en plus près de l’arrivée, réduisant les étapes des Alpes ou des Pyrénées à de longues processions où les différences se font surtout par l’arrière. Pour contrer cette tendance, l’organisation du Tour de France milite depuis plusieurs années pour une réduction du nombre de coureurs par équipes, de neuf à huit : l’idée est qu’avec un coureur de moins, les collectifs les plus puissants – on pense immédiatement à la Sky sur les dernières éditions – auraient plus de mal à contrôler ces étapes de haute montagne, et donc à annihiler les attaques. Mais ce point de règlement ne dépend pas des organisateurs de la Grande Boucle : c’est la fédération internationale, l’UCI, qui décide. Or, cet hiver elle a acté cette réduction du nombre de coureurs par course, de neuf à huit sur les trois grands tours et de huit à sept sur les autres courses majeures de la saison. Premier test grandeur nature cet été…

Des bonifications en plus pour animer les étapes de plat

J’aime, je n’aime pas… Les bonifications – des bonus de quelques secondes au classement général – ont une histoire contrariée avec le Tour de France. Présentes depuis les toutes premières éditions, elles avaient disparu de la Grande Boucle en 2008 au motif qu’elles susciteraient l’attentisme des coureurs. Mais la frilosité n’ayant pas disparu des pelotons, les « bonifs » ont fini par réapparaître à l’arrivée des étapes en 2015, en version édulcorée (10, 6 et 4 secondes pour les trois premiers). Pour cette édition 2018, les organisateurs ont décidé d’ajouter sur les neuf premières étapes une sorte de sprint intermédiaire non loin de l’arrivée : pour les trois premiers sur cette ligne, 3, 2 et une seconde(s) de bonification. De quoi dynamiter la chasse aux premiers maillots jaunes, en attendant le verdict de la montagne ?

Le maillot à pois se jouera dans les Pyrénées

Jadis très disputée, la lutte pour le maillot à pois n’a pas toujours été très âpre ces dernières années. Certains vainqueurs du classement de la montagne l’ont même été « par accident », se retrouvant naturellement en tête grâce à leur lutte pour le classement général, comme Nairo Quintana en 2013 ou Chris Froome en 2015. Le barème de ce classement est donc souvent modifié par les organisateurs de la Grande Boucle, qui cherchent la bonne formule. Pour l’édition 2018, ils ont décidé de doubler les points attribués au sommet des derniers cols des trois dernières étapes de montagne, dans les Pyrénées. Concrètement, il y aura donc deux fois plus de points attribués au sommet des cols du Portillon (16e étape), de Portet (17e étape) et d’Aubisque (19e étape). Qui voudra ramener le maillot à pois sur les Champs-Élysées devra donc impérativement briller sur ces pentes-là.