Congrès d’UD

Le Val-de-Marne prêt au combat pour la défense des retraites

, Clarisse Josselin

Recommander cette page

Le 11e congrès de l’union départementale FO du Val-de-Marne s’est tenu le 27 juin à la Maison des syndicats de Créteil, sous la présidence du secrétaire général de la confédération FO Yves Veyrier. Il a réuni 244 délégués et congressistes. Marc Bonnet a été réélu à l’unanimité au poste de secrétaire général.

Faire le bilan de la mandature passée, renouveler les instances et établir la feuille de route revendicative du prochain mandat, tel était l’ordre du jour du 11e congrès de l’union départementale FO du Val-de-Marne qui s’est tenu le 27 juin à Créteil. Une quinzaine d’intervenants sont montés à la tribune pour évoquer l’actualité du mandat écoulé et les prochaines batailles : les attaques contre les syndicats, la défense du service public, l’emploi, la mobilisation pour les retraites…

Le combat pour sauvegarder les régimes de retraite et le système par répartition sera au cœur de l’action à venir. Marc Bonnet, qui a été réélu à l’unanimité au poste de secrétaire général, a alerté sur le principe de fond de cette réforme : un système universel à points au lieu du système par répartition, la fusion des 42 régimes spécifiques et un âge d’équilibre à 64 ans. Nul doute que la dossier va accaparer toutes nos énergies et forces syndicales car il est systémique pour la société et explosif pour les travailleurs qui pourraient perdre 30% de leurs futures retraites, a-t-il prévenu.

Dans sa résolution, le congrès invite l’ensemble des syndicats à mettre tout en œuvre pour combattre cette contre-réforme et à engager dès maintenant la préparation du 21 septembre, première étape pour préparer la grève d’ensemble pour obtenir le retrait du projet Macron Delevoye.

Atteintes syndicales

Le congrès revendique aussi l’abrogation des lois Travail, antisociales et ordonnances Macron. Autant de lois qui apportent plus de souplesse à l’entreprise et réduisent les moyens des syndicats et élus du personnel. Marc Bonnet a rappelé que lors de sa venue à Créteil début 2019, le chef de l’État avait refusé de recevoir une délégation des UD FO-CGT-Solidaires-FSU. Cela confirme bien le peu d’estime portée à l’égard des organisations syndicales dans le dialogue social, a-t-il ajouté.

Il a également évoqué une autre atteinte syndicale avec la remise en cause en 2016 des locaux de la bourse du travail de Villejuif, où est installée l’union locale FO. La municipalité souhaite vendre l’immeuble à un promoteur pour y créer des logements et une crèche. Les organisations syndicales ont engagé le combat, et remporté toutes les manches judiciaires. Mais le maire s’obstine dans son opération spéculative immobilière allant jusqu’à perdre en cassation début 2019, ajoute Marc Bonnet.

Autre thème développé lors du congrès, la défense du service public. Lysiane Louis, de la DGFIP, a dénoncé un plan de réorganisation qui supprime les trois quarts des points d’accueil du département en matière de finances publiques. Elle a aussi souligné la bonne mobilisation des personnels, avec un appel à la grève suivi par plus de la moitié d’entre eux. Christine Briant Bazin, du Snudi-FO, a alerté sur les dangers de la réforme Blanquer et de la territorialisation de l’école. Elle a aussi rappelé la très forte mobilisation du Snudi-FO, premier syndicat du primaire avec 39,14% des voix.

Jean-Tony Carbonnier du centre hospitalier de Créteil, a appelé à la défense de l’hôpital public et de ses personnels soignants et non soignants. A La Poste, Delphine Bouana a dénoncé les réorganisations permanentes avec à la clé des suppressions d’emploi et le recours aux intérimaires.

Dans sa résolution, le congrès appelle à garantir le service public républicain et à renforcer la fonction publique. Il condamne le principe comptable d’ajustement du budget de l’État au travers du coût et la réduction des services publics.

Le congrès opposé à la privatisation d’Aéroports de Paris

Dans le secteur privé, Gualbert N’Touari de Carrefour a alerté sur la baisse sans précédent des effectifs dans les hypermarchés, à coup de ruptures conventionnelles collectives et de plans de départs volontaires. Le congrès déplore que le Val-de-Marne ait perdu son tissu industriel, supplanté par le tertiaire banques et assurances. Il conserve cependant deux atouts majeurs, le pôle aéroportuaire d’Orly et la plateforme de Rungis MIN. A ce propos, le Congrès dénonce le projet de privatisation d’Aéroports de Paris dans le cadre de la loi Pacte qui, avec la FDJ, doivent demeurer dans le giron de l’État et du service public.

Dans sa résolution, le congrès appelle à défendre l’emploi, avec un vrai contrat, un vrai travail, un vrai salaire, le CDI. Le département compte 116 550 demandeurs d’emplois, un chiffre en augmentation. De grands travaux, comme le Grand Paris Express ou les Jeux Olympiques de 2024 doivent générer des milliers d’emplois. Encore faut-il que ces derniers soient formés et valorisés sans rechercher le dumping social, précise la résolution.

Le congrès dénonce également le classement récent en zone commerciale de Créteil Soleil et de Thiais Belle Epine où le chantage à l’emploi est inadmissible pour les salariés qui refuseraient le travail dominical forcé.

28,21% pour FO dans la fonction publique d’État

Contre l’austérité, le congrès revendique également une augmentation générale des salaires, des retraites, des pensions, des allocations et des minima sociaux, ainsi que le dégel de la valeur du point d’indice dans la fonction publique. Il appelle aussi à préserver la protection sociale collective solidaire et égalitaire. L’étatisation du système est à son comble, loin de la notion du salaire différé, propriété du salarié cotisant, que défend FO.

En matière de développement, FO est la première organisation syndicale dans la fonction publique d’État avec 28,21% des voix en Val-de-Marne avec deux bastions essentiels, la Police et l’Education nationale. FO est deuxième dans la fonction publique au niveau général. On peut toujours faire mieux et reprendre du terrain dans les collectivités a lancé Marc Bonnet.

Il s’est aussi félicité d’une recrudescence de salariés à s’organiser et bâtir des listes FO avant la date butoir de la mise en place des CSE fin décembre 2019. Dans sa résolution, le congrès invite à se saisir de l’opportunité de ces élections pour répondre ainsi à la syndicalisation.

Marc Bonnet entend aussi, après plus de 15 ans de secrétariat général, préparer la relève syndicale de l’union départementale autour de jeunes et nouveaux militants. Plus qu’hier, les salariés du privé et du public avec FO devront se rassembler et s’organiser pour résister, revendiquer et reconquérir sinon ils prendront de plein fouet la logique gouvernementale de réduire le coût du travail et les droits, a-t-il prévenu.