Les annonces de Matignon répondent à certaines préoccupations des jeunes sans remettre en cause la loi Travail

Jeunes par Nadia Djabali

Article publié dans le Dossier Loi Travail
Manifestation contre le projet de loi Travail El Khomri du 5 avril 2016, à Paris, à l’initiative des organisations de jeunesse. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Face à la mobilisation des jeunes, avec les syndicats de salariés (FO, CGT, FSU et Solidaires) contre la loi Travail, le premier ministre recevait ce lundi les syndicats d’étudiants et lycéens. Les mesures annoncées à cette occasion représentent entre 400 et 500 millions d’euros par an. Le gouvernement escompte ainsi désamorcer la contestation de son projet de loi. Problème : les mesures concernées ne lèvent pas les désaccords sur la loi Travail.

A partir de septembre 2016, les jeunes diplômés boursiers (CAP, Bac pro, BTS, DUT, licence, master et école d’ingénieur), verront une prolongation de leur bourse de 4 mois maximum. Les bourses accordées aux lycéens augmenteront de 10% dès la rentrée 2016.

Des places en BTS et en IUT seront par ailleurs réservées respectivement aux titulaires de bac pro et de bac technologique. Les apprentis ne seront pas en reste : une amélioration de leur rémunération est prévue avec notamment une augmentation des minima salariaux légaux à partir de 2017.

Autre mesure annoncée : les cotisations patronales pour l’assurance chômage seront plus importantes s’ils embauchent en CDD. Si la taxation des contrats précaires est une revendication de longue date de FO, cette annonce n’engage guère le gouvernement dans la mesure où cette question relève de la négociation paritaire entre les organisations patronales et les confédérations syndicales.

L’Unef confirme son appel à manifester le 28 avril

William Martinet s’est dit satisfait de ces mesures qui répondent aux préoccupations des jeunes en formation. « Nous avons franchi un cap important, a-t-il déclaré. Mais cela ne lève pas tous les désaccords sur la loi Travail. C’est pour ça que l’Unef reste solidaire de l’intersyndicale et de son appel à manifester le 28 avril ».

Manuel Valls a assuré que toutes ces propositions n’avaient pas pour but d’éteindre la contestation contre la loi Travail. De fait, leur champ ne touche en rien les mesures les plus contestées de la loi Travail : baisse de la rémunération des heures supplémentaires, temps de travail à géométrie variable, multiplication des CDD et de l’intérim, licenciements facilités. Autant de mesures auxquelles sera confronté tout salarié, qu’il soit jeune ou non, si cette loi est votée.

Nadia Djabali Journaliste à L’inFO militante

Plus dans le Dossier Loi Travail
Tous les articles du dossier

Loi Travail : tous à Paris le 14 juin

Dossier Loi Travail par Clarisse Josselin

La mobilisation pour exiger le retrait du projet de loi Travail gagne les transports, tandis que les appels à la grève se multiplient pour le 14 juin, Date de la grande manifestation nationale à Paris. FO y a invité une délégation de syndicalistes européens, notamment de Belgique où le droit du travail est actuellement également malmené.

Les organisations syndicales s’adressent aux députés

Dossier Loi Travail par Yves Veyrier

Une lettre commune des syndicats opposés à la loi Travail est remise directement aux députés.
Dénonçant à nouveau le manque de concertation, elle met l’accent sur les conséquences de la « rupture dans l’articulation entre les normes, rendant la loi bien plus supplétive qu’impérative ». En effet, la loi (...)

Des droits fondamentaux ou fondamentalement « dérogeables » ?

Dossier Loi Travail par  Mathieu Lapprand

Pour Manuel Valls, « il n’y aura donc plus de règles s’appliquant à tous – et donc nécessairement rigides, dictées d’en haut, “depuis Paris” – , comme si les salariés concernés ne savaient pas ce qui est bon pour eux ».
Au-delà de la démagogie du propos, c’est l’architecture du droit du travail qui est remise (...)