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Les avis du Cese sur le climat : anticipation, régulation et imagination

, Mathieu Lapprand

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Production d’éoliennes dans le hall d’assemblage d’une usine au Danemark. © Paul LANGROCK/ZENIT-LAIF/REA

Si la section de l’Environnement établit un bilan de vingt ans de lutte contre le changement climatique en France, celle des Affaires internationales, présidée par Yves Veyrier (FO), émet, elle, un avis prospectif : identifier les leviers nécessaires à la conclusion d’un accord, tout en prenant en considération les différentes dimensions de ces conférences qui « ne sont pas que climatiques, mais se situent à la confluence d’enjeux et d’intérêts géostratégiques, politiques, économiques contradictoires »

Basé sur les analyses du GIEC, l’avis appelle les acteurs à anticiper les conséquences du réchauffement en cours. Anticiper les déplacements de populations pas uniquement « sous la pression de l’urgence d’une crise », mais anticiper aussi les mutations des secteurs d’activité et leurs conséquences sur les travailleurs comme sur l’organisation du travail. À ce titre, le Cese préconise un « renforcement du dialogue social au niveau international au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), en faveur de la négociation d’accords sectoriels liés spécifiquement à des transitions socio-économiques justes ».

Sortir des cadres de réflexion habituels

Le Cese prône une régulation économique et bancaire afin de répondre aux besoins de financement sur le long terme. Il propose également des outils de mesure via un contrôle international des émissions de gaz à effet de serre, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières afin d’abonder un fonds dont la dotation doit atteindre 100 milliards de dollars par an en 2020.

Enfin, le Conseil appelle à sortir des cadres habituels de réflexion pour « repenser les modèles économiques ». Il propose un système de notation extra-financière des entreprises, ou encore la mise en place de « parcours de transition professionnelle pour des emplois décents et de qualité dans les secteurs porteurs d’innovations sociales et technologiques ». Les changements de modèle prônés ne pourront en effet se réaliser contre les salariés, souvent les premiers exposés. 

Décryptage
Qu’est-ce que le GIEC ?
Organisme intergouvernemental créé en 1998, par le PNUE (Programme des nations unies pour l’environnement) et l’OMM, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a pour mission « d’établir régulièrement une expertise collective scientifique sur le changement climatique ». Le GIEC cherche à dégager des analyses relevant d’un consensus scientifique. Selon son dernier rapport, « chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude à la surface de la Terre que toutes les décennies précédentes depuis 1850 ».
Qu’est-ce qu’une Cop ?
C’est une « Conférence des Parties » (Conference of the Parties), aussi appelée Conférence des États signataires. Les pays qui ont ratifié la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, adoptée à Rio en 1992, tiennent chaque année une Cop. Cette conférence est l’organe suprême de cette convention internationale qui compte 196 pays membres.