Les batailles du rail

Histoire par Christophe Chiclet, journaliste L’inFO militante

Dès l’origine, les cheminots se sont organisés pour arracher leurs acquis. Aujourd’hui leur combat continue face aux attaques incessantes des derniers gouvernements.

L ’aventure du chemin de fer commence le 21 février 1804 quand un ingénieur britannique fait rouler à 8 km à l’heure une locomotive à vapeur. La première ligne française, Saint-Étienne – Lyon, est inaugurée en 1832 pour transporter du charbon. En 1841, la France compte 560 kilomètres de voies. En 1875, le réseau est de 25 000 kilomètres pour atteindre son apogée en 1914 avec plus de 40 000 kilomètres. En 2017, il est tombé à 28 000, soit l’équivalent du kilométrage de 1882 !

Au départ les compagnies sont privées : Cie du Nord en 1842, PLM en 1850… Six au total. En 1934, les réseaux Paris-Orléans et Midi fusionnent pour faire face à la concurrence naissante du routier. Avec le Front populaire et les grandes grèves de 1936, les cheminots demandent et obtiennent la nationalisation des chemins de fer. La SNCF voit le jour le 1er janvier 1938.

1972 est une date symbolique : les dernières locomotives à vapeur pour le transport des voyageurs rentrent au dépôt et une première loi de décentralisation fait passer une partie des activités de la SNCF aux nouvelles régions.

Les vautours de la privatisation

À la pointe de la technologie, la SNCF inaugure son premier TGV (Paris-Lyon) le 22 septembre 1981. Aujourd’hui, il existe 2 600 km de lignes à grande vitesse qui redessinent l’aménagement du territoire, mais au détriment des petites lignes.

Le 1er janvier 1983, la SNCF change de statut et devient un Établissement public industriel et commercial (EPIC), le premier pas juridique vers une possible privatisation. Le 13 février 1997 elle est coupée en deux : le matériel à la SNCF et les voies à une nouvelle entité, Réseau ferré de France (RFF). Une réforme qui a tellement porté ses fruits que le 31 décembre 2014, la SNCF est réunifiée !

Au milieu des années 2000, les gouvernements ont tenté d’imposer un service minimum en cas de grève, ont privatisé le fret et les réservations sur Internet, commençant déjà à remettre en question le statut du cheminot et le régime spécial de retraite. Les cheminots se sont battus bec et ongles pour préserver leur statut avec les grèves du printemps 2018. Mais depuis le 1er janvier 2020, la SNCF n’embauche plus au statut de cheminot et est devenue une société anonyme dont le capital est encore détenu à 100 % par l’État. Le gouvernement jure qu’elle ne sera jamais privatisée, comme il l’avait dit pour France Télécom et EDF-GDF ! D’autant que l’ouverture des voies à la concurrence est déjà prévue pour décembre de cette année.

 

Le rail dans la Résistance

N’ayant pas confiance dans les cheminots français, dès juillet 1940 la Reichsbahn nazie prend le contrôle de la SNCF. Quelques mois plus tard, les premiers sabotages ont lieu. Huit cent dix-neuf cheminots seront fusillés et mille deux cents mourront en déportation. À la mi-août 1944, la CGT-Cheminots lance la grève insurrectionnelle et bloque les transports ennemis, accélérant la libération du pays.

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