Emploi et Salaires - FO Hebdo

Les cadres à la recherche d’un vrai statut

, Evelyne Salamero

Recommander cette page

L’Apec, créée en 1966 par les partenaires sociaux, a fêté ses 50 ans par un colloque au Cese le 1er décembre 2016. © F. BLANC

L’Apec (Association pour l’emploi des cadres) a fêté son 50e anniversaire par un colloque au Cese le 1er décembre autour du thème « Cadres, enjeux et mutations pour demain », donnant ainsi l’occasion de faire le point sur la situation et les attentes de cette catégorie de salariés.

Qu’est-ce qu’un cadre ? En réalité, il n’existe pas actuellement de définition claire et arrêtée.

Aujourd’hui, un cadre n’encadre pas forcément. Il peut être expert mais ne pas animer une équipe, ou animer une équipe sans être membre de la hiérarchie. Il y a les cadres supérieurs et dirigeants (les DRH), les cadres intermédiaires et les cadres opérationnels… D’ailleurs, selon l’Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres), si la population cadre a augmenté de 43 % entre 1998 et 2013, cela s’est notamment fait au profit des cadres experts ou organisateurs n’exerçant pas de commandement sur d’autres salariés.

L’Insee parle de cadres et professions intellectuelles supérieures, et recense ainsi 4 millions d’individus, salariés ou non (professions libérales par exemple), dépendant du secteur privé ou du secteur public (comme les salariés relevant de la catégorie A de la fonction publique).

Et si la notion de cadre est souvent utilisée dans la négociation collective, différentes conventions collectives de branche concourant à définir ce qu’est un cadre comparativement aux autres catégories de salariés, son statut reste à négocier au niveau interprofessionnel.

Ce qui fait un cadre n’est pas seulement son adhésion à l’Agirc

Une revendication que Jean-Claude Mailly a réaffirmée à l’occasion des 50 ans de l’Apec : Les cadres sont des salariés comme les autres avec des conditions de travail particulières qui nécessitent des dispositions particulières, ce qui fait un cadre n’est pas seulement son adhésion à l’Agirc.

1,2 million

C’est le nombre de salariés cadres qui utilisent les services de l’Apec dans l’année : soit un sur trois.

Pour Éric Peres, secrétaire général de FO Cadres, toutes les tâches, les responsabilités, celles liées au management, celles liées à l’expertise, doivent être identifiées et il existe des faisceaux d’indices pour le faire. […] Revendiquer un statut pour les cadres, ce n’est pas revendiquer un titre de noblesse mais c’est dire à l’entreprise : oui, il existe des fonctions précises qui méritent une reconnaissance et la rémunération qui va avec. Il faut recréer le lien entre contribution et rétribution, qui est loin d’être systématique de nos jours.

Cette revendication fait écho à l’attente de la majorité des cadres, a révélé une enquête réalisée par l’IRES en 2016, à la demande de FO Cadres et avec le concours de l’Apec. Par-delà la diversité de leurs situations, si un peu plus de la moitié des 2 620 cadres interrogés constatent une banalisation de leur statut, les trois quarts y sont attachés et refusent d’y renoncer. 

Les 50 ans de l’Apec : le paritarisme à l’honneur Tous les intervenants au colloque, y compris la ministre du Travail, l’ont souligné : l’Apec illustre les bienfaits du paritarisme. Administrée par les représentants des cinq confédérations syndicales de salariés et des trois organisations patronales (Medef, CGPME et U2P), elle agit depuis 2012 dans le cadre d’un mandat de service public. Ses missions : la sécurisation des parcours professionnels, la sécurisation des recrutements, la collecte et la diffusion des offres d’emploi, un observatoire de l’emploi.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

Sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Éphéméride

12 décembre 1943

Appel à la classe ouvrière de la CGT clandestine
La Confédération Générale du Travail clandestine appelle la classe ouvrière à l’action immédiate pour défendre son existence et pour lutter contre le système d’oppression de l’occupant. « Vous avez encore à gagner la bataille pour vos salaires et des conditions de vie moins inhumaines. Pour cela , vous avez (...)

La Confédération Générale du Travail clandestine appelle la classe ouvrière à l’action immédiate pour défendre son existence et pour lutter contre le système d’oppression de l’occupant. « Vous avez encore à gagner la bataille pour vos salaires et des conditions de vie moins inhumaines. Pour cela , vous avez à entrer catégoriquement dans l’action. Les moyens d’obtenir satisfaction sont entre vos mains et dans votre volonté. Les grèves restent l’arme ultime à employer pour imposer votre dû. Revendiquer un salaire meilleur est un devoir national. C’est sauvegarder les familles françaises ». En terminant, la CGT invite les travailleurs aux combats contre la déportation arbitraire et à s’unir dans les syndicats pour leur libération.