Les cheminots toujours sur le pied de guerre

Emploi et Salaires par Evelyne Salamero

Article publié dans le Dossier Loi Travail
Manifestation contre la loi Travail du 19 mai 2016 à Paris. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0 - flickr.com/force-ouvriere

Des assemblées générales de cheminots devaient se tenir à partir du 20 mai pour décider de la suite à donner au mouvement. Pour la Fédération FO des Cheminots, l’heure est à la grève reconductible en continu.

En mars dernier, le gouvernement, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence et en application de la réforme ferroviaire votée en 2014, a présenté une nouvelle réglementation du travail minimum (décret socle) pour toutes les entreprises du secteur.

Pour le retrait de la loi Travail aussi

Les cheminots exigent que la réglementation minimum soit au moins au niveau de la réglementation actuellement en vigueur à la SNCF (RH0077).

À l’inverse, le décret socle présenté par le gouvernement abaisse les droits de l’ensemble des cheminots. Il réduit, par exemple, les temps de repos des conducteurs, ce qui peut avoir des conséquences sur la sécurité des voyageurs.

De plus, l’organisation patronale refuse que la convention collective nationale en cours de négociation améliore le décret socle. Il s’agit de la même logique, dénoncent les cheminots FO ainsi que Sud-Rail et la CGT, que celle du projet de loi Travail, dont, en prime, de nombreuses dispositions s’appliqueraient aux cheminots, ceux-ci, y compris les 150 000 de la SNCF sous statut, étant sous contrat de droit privé. 

Evelyne Salamero Ex-Journaliste à L’inFO militante

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