Les constats alarmants de l’OCDE sur l’emploi et le chômage

International par Secteur Europe - International

Le constat de l’OCDE - qui vient de publier ses traditionnelles perspectives de l’emploi - sur la situation des marchés du travail est particulièrement alarmant. Tout en restant prudent sur un certain nombre de recommandations, le mouvement syndical peut néanmoins s’appuyer sur un certain nombre de messages délivrés par le rapport :

Elle souligne que le chômage reste à des niveaux très élevés, en particulier le chômage de longue durée, qui sera très difficile à réduire même si les économies renouent avec la croissance. Dans les pays qui composent la zone OCDE, 16,3 millions de personnes, soit une personne au chômage sur trois, n’a pas travaillé depuis au moins un an. C’est deux fois plus qu’en 2007.

Soutien traditionnel des politiques néolibérales fondées sur la rigueur budgétaire, la promotion de la compétitivité et les « réformes structurelles », l’OCDE – une fois n’est pas coutume – souligne la nécessité de mener des politiques de soutien à la demande là où la reprise est fragile. Elle soutient également des politiques de lutte contre le chômage de longue durée et des mesures de formation afin de retenir les personnes qui seraient tentées de quitter le marché du travail faute de perspectives d’emploi.

L’OCDE met également l’accent sur la faible croissance des salaires, voire les baisses de salaires observées pendant la crise et accentuées par la pression exercée par les forts niveaux de chômage. La poursuite de cette tendance risque selon l’OCDE d’accroitre le nombre de travailleurs pauvres. Pour John Evans secrétaire général du TUAC (commission syndicale consultative auprès de l’OCDE), « le rapport de l’OCDE est dans le vrai lorsqu’il indique que de nouvelles baisses de salaire n’auront que peu d’effets sur la création d’emploi mais accroissent la pauvreté et dépriment la demande. Les travailleurs du monde entier ont besoin de hausses de salaire. » C’est le message qu’a porté le mouvement syndical réuni dans le L20 à l’occasion de la réunion des ministres de l’emploi du G20 à Melbourne le 10 septembre.

La promotion de la qualité de l’emploi est également avancée par l’OCDE. Les politiques de l’emploi doivent promouvoir la création d’emplois, plus nombreux et de meilleure qualité, indique le rapport. L’OCDE relève que les jeunes, les travailleurs moins qualifiés et les contrats courts occupent généralement des emplois de faible qualité. Dans le cas de la France l’OCDE pointe un environnement de travail relativement médiocre, où de nombreux travailleurs souffrent de conditions de travail stressantes, caractérisées par un niveau élevé d’exigences professionnelles combiné à des ressources insuffisantes pour s’acquitter de leur tâche. En outre, le rapport juge inquiétante l’augmentation des recrutements en CDD d’autant « qu’avoir un contrat temporaire ne semble pas être un tremplin vers l’emploi durable ». Le rapport relève enfin que l’abus de contrats temporaires n’est satisfaisant pour personne : ni pour les travailleurs qui les occupent ni pour l’économie dans son ensemble. Les travailleurs sont en situation d’insécurité forte tandis que les entreprises qui y recourent massivement perdent en productivité et en savoir-faire.

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