Emploi

Les dames pipi de Paris seront fixées sur leur sort le 27 août

, Clarisse Josselin

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Les dossiers de six employées des sanitaires publics de la Ville Paris, qui manifestent depuis un mois pour sauver leur emploi suite à un changement de prestataire, ont été examinés en référé aux prud’hommes de Paris le 26 août. Le jugement est attendu pour l’après-midi du 27 août.

Lors de l’audience, deux mondes se sont affrontés. D’un côté, les salariées, nerveuses, soudées les unes aux autres, et défendues par la juriste de la fédération Feets-FO, Hortense Betare. Elles sont âgées en moyenne d’une cinquantaine d’années, avec de 10 à 32 ans d’ancienneté. Elles ont demandé la reprise de leur contrat de travail par le nouveau prestataire, la société Sarivo, appartenant au groupe néerlandais 2theloo, et leur réintégration sur le site, en application de la convention collective. Elles demandaient également le versement de leur salaire et de leur prime d’expérience depuis le 10 juillet, date de leur solde de tout compte chez l’ancien prestataire, la société Stem, soit une somme avoisinant 2700 euros chacune.

De l’autre côté, l’avocat du groupe néerlandais, le repreneur, qui se défend d’appartenir à la convention collective de la propreté, et pourrait donc recruter librement son personnel.

« Nous n’entretenons pas des toilettes publiques comme notre prédécesseur mais nous portons un nouveau modèle économique, prétend-il. Nous avons un espace boutique où nous vendons des toilettes japonaises à 4000 euros, des brosses à 1000 euros et nous offrons un service d’accompagnement à une clientèle internationale qui peut avoir d’autres pratiques que nous ». Les éclats de rires fusent dans la salle.

L’avocat de Stem propreté, l’ancien employeur, a tenu à souligner qu’« en France, on ne choisit pas sa convention collective ». Il a d’ailleurs précisé que « 95% de leur chiffre d’affaire provient du nettoyage et seulement 5 % de la vente ».

Le jugement sera rendu le 27 août à 14 heures.

FO appelle à occuper les toilettes de Paris le 1er septembre

À la sortie du tribunal, les dames pipi semblent lasses. Privées de salaire depuis le 9 juillet, elles ne peuvent plus payer leur loyer, leurs factures. Certaines n’ont pas pu offrir de vacances à leurs enfants cet été. Mais le combat continue et elles se sont donné rendez-vous pour le lendemain matin au pied de Montmartre, devant les toilettes publiques.

De nombreux militants de la fédération Feets-FO sont venus les soutenir à l’audience. Au-delà de ce cas précis, l’enjeu du conflit est d’éviter qu’une brèche ne soit faite avec une remise en cause de la garantie de l’emploi dans la convention collective de la propreté qui couvre 490 000 salariés. La fédération de la propreté se bat depuis janvier contre 2theloo, lorsque le groupe néerlandais avait repris le marché des toilettes de la gare du Nord à Paris.

Quel que soit le jugement des prud’hommes, Malamine Ndiaye, secrétaire du syndicat FO de a propreté en Ile-de-France, appelle à occuper toutes les toilettes publiques tenues par 2theloo dans la capitale, notamment dans les gares ferroviaires.