Les agents des toilettes de Paris en grève pourraient bloquer d’autres sanitaires de la capitale

Emploi par Clarisse Josselin

Clarisse Josselin / Force Ouvrière - CC BY-NC 2.0

Les employées des sanitaires publics de Paris, dont l’emploi est en péril, manifesteront à l’appel de FO vendredi 31 juillet devant l’hôtel de Ville. Elles menacent de bloquer, à partir du 3 août, tous les lieux d’aisance gérés par la société 2theloo, le nouveau prestataire qui refuse de reconduire leur contrat de travail.

Odieusement congédiées du jour au lendemain le 30 juin, les onze agents de nettoyage des toilettes parisiennes sont bien décidées à ne pas se laisser faire. Ces dames, qu’on croise plus généralement dans les sous-sols de la capitale, crieront vendredi leur colère sur le parvis de l’hôtel de Ville de Paris, de 14h à 18h, à l’appel de la fédération FEETS-FO.

Suite à un appel d’offre portant sur six sanitaires publics appartenant à la mairie de Paris et situés dans des lieux touristiques, le marché a été remporté par la société Point WC du groupe hollandais 2Theloo, déjà présent sur 200 sites dans 14 pays.

Le repreneur, qui se présente comme le créateur d’un nouveau concept de « boutiques-toilettes » chics, refuse de réembaucher les agents en poste. La convention collective du nettoyage l’y oblige pourtant, et cette clause figurait également dans l’appel d’offre, selon FO.

Ces dames âgées ont pour la plupart 20 à 30 ans d’ancienneté et pas d’autre expérience professionnelle. En état de choc, elles manifestent depuis le 22 juillet devant les sanitaires situés au pied du Sacré-Cœur, avec le soutien de militants de la fédération FEETS-FO et de sociétés de nettoyage. En grève, elles restent pour l’heure employées par l’ancien prestataire, la société Stem, mais sans mission.

FO exige une reprise avec les mêmes salaires et ancienneté, dans le cadre de la convention collective

La mairie de Paris, donneur d’ordre, et la société 2theloo se renvoient la balle. « Nous avons enfin été reçus en mairie le 28 juillet, mais ça n’a rien donné », dénonce Jonathan Mayelle, délégué du personnel chez Stem, qui appelle à manifester le 31 juillet pour que les élus prennent leurs responsabilités.

Malamine Ndiaye, secrétaire général du syndicat FO-Nettoyage pour l’Ile-de-France, vient également d’envoyer un courrier à 2theloo. Selon un « consultant » interrogé par le journal Le Monde, la société se targue de relever uniquement du code du travail.

Sa seule concession serait de faire passer des entretiens d’embauches aux anciennes salariées. Elles devront être « capables de vendre, d’encaisser ». Or ces employées, si elles font bien leur travail dans des conditions parfois difficiles, ne sont pas toujours à l’aise avec la langue française. Et 2theloo les embaucherait « hors convention collective et sans ancienneté ».

Autant de propositions inadmissibles pour FO. « Nous exigeons que l’entreprise s’engage par un accord de fin de conflit à reprendre les salariées dans les mêmes conditions que dans les gares parisiennes, explique Malamine Ndiaye. Sinon, nous bloquerons à partir du 3 août tous les sites gérés par ce prestataire à Paris, et notamment ceux des gares ».

Car 2theloo n’en est pas à son coup d’essai. En janvier dernier, le même cas de figure s’était produit dans les gares parisiennes. Après une semaine de grève, soutenue par FO, l’entreprise avait accepté de reprendre les personnels des toilettes avec les mêmes salaires et ancienneté, et d’appliquer la convention collective nationale des entreprises de propreté. L’ancien prestataire s’était de son côté engagé à payer les jours de grève.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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