Elections Fonction publique du 6 décembre 2018

« Les fonctionnaires n’ont pas à être expédiés dans le secteur privé ! »

, Valérie Forgeront

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L a mobilité des fonctionnaires est l’un des projets de réformes lancés par le gouvernement. Il s’agit d’accroître cette mobilité entre les trois versants de la fonction publique, mais aussi de proposer aux agents un accompagnement renforcé dans leurs transitions professionnelles et faciliter la mobilité. Concrètement, le gouvernement vise (un projet de loi devrait être présenté au premier semestre 2019) à organiser le départ volontaire de fonctionnaires vers le privé. Il propose diverses mesures (dont la possibilité de percevoir des allocations de chômage) censées être plus alléchantes que l’indemnité de départ créée en 2008 à l’État et qui, en dix ans, n’a séduit que quelques centaines de fonctionnaires.

Le projet s’inscrit dans une logique libérale de management issu du privé, s’insurgent trois syndicats, dont FO, qui début octobre ont claqué la porte d’une réunion mobilité avec le gouvernement. Celui-ci prévoit que la dématérialisation des démarches administratives et les restructurations de services auront pour conséquences des suppressions de postes pouvant entraîner des départs. Cela ressemble fort à une mobilité forcée plutôt que choisie ou prétendument volontaire. L’exécutif a d’ores et déjà annoncé la suppression de 120 000 emplois d’ici à 2022 dans la fonction publique dont 50 000 à l’État.

FO dit non à la mobilité contrainte

Si une récente étude du ministère du Travail (Dares) indique que les fonctionnaires changent peu de métier, FO rappelle que selon le statut général des fonctionnaires, le grade est le titre qui confère à son titulaire vocation à occuper l’un des emplois qui lui correspondent. Pour l’interfédérale UIAFP-FO, les fonctionnaires n’ont donc pas à être expédiés dans le secteur privé. Ils n’ont pas non plus à subir une réorientation professionnelle, supprimée par la loi Déontologie d’avril 2016.

Le gouvernement annonce toutefois la création en 2019 d’une agence de reconversion, sur le mode de celle destinée aux armées. Agence dédiée à un secteur très spécifique par certaines de ses conditions d’emploi, Défense mobilité se félicite d’assurer chaque année le retour à la vie civile - vers le secteur privé par exemple - de 14 000 militaires ou personnels civils des armées via des conseils, des formations… Osant le paradoxe, l’agence propose aussi d’orienter les agents de la défense vers les autres secteurs de la fonction publique. Lesquels suppriment leurs propres emplois.

Le secteur de la défense a perdu quant à lui 54 000 postes civils et militaires entre 2007 et 2012 et compte aujourd’hui moins de 60 000 personnels civils. Ils revendiquent une augmentation des salaires ou encore l’amélioration des conditions de travail et des carrières, souligne FO, rappelant que la restructuration permanente du ministère des Armées et de l’État porte gravement atteinte à l’environnement professionnel et familial des personnels civils. Les personnels civils de la défense s’opposent aussi à la politique de non-remplacement systématique des fonctionnaires. Bref, qu’ils relèvent de la défense ou des autres ministères, les fonctionnaires revendiquent non pas un plan de départs mais le maintien de tous les emplois publics.

 

FO revendique toujours un débat sur les besoins en termes de missions publiques

Le Congrès confédéral qui se tenait à Lille du 23 au 27 avril 2018 a réaffirmé la place des services publics au sein de la République.

Le Congrès confédéral qui se tenait à Lille du 23 au 27 avril 2018 a réaffirmé la place des services publics au sein de la République.
Le Congrès se prononce […] contre le désengagement de l’État de ses missions et obligations qui, sous couvert de transferts de missions publiques au secteur privé et associatif, agences, groupements d’intérêt public, ou encore sociétés publiques locales, conduisent à accroître les inégalités territoriales, et portent en germe la destruction du statut.
Le Congrès demande que le champ des services publics soit maintenu dans ses missions actuelles et étendu en prenant en considération les nouveaux besoins émergents, tels que la dépendance ou le numérique.
Le Congrès revendique qu’un réel débat soit mené sur les besoins en termes de missions publiques. Ce débat, toujours annoncé, jamais tenu, doit être le préalable à toute évolution des services publics dans les trois versants de la fonction publique.

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