Les inspecteurs en grève depuis ce matin

Permis de conduire par Valérie Forgeront, journaliste L’inFO militante

Les inspecteurs et les délégués du permis de conduire sont en grève depuis ce matin, 15 mars, à l’initiative de trois syndicats dont le syndicat majoritaire, le SNICA-FO.

Les inspecteurs et les délégués du permis de conduire (1 300 fonctionnaires) sont en grève depuis ce 15 mars à l’appel de trois syndicats dont le syndicat majoritaire, le Snica-FO (68% des voix aux dernières élections).

Ce mouvement sera assorti le 17 mars d’un rassemblement national à Paris devant la délégation à la circulation et à la sécurité routière (DSCR).

Par ces actions, les inspecteurs fustigent les dérives de privatisation de l’examen du permis de conduire soumis à une vaste réforme depuis 2014 (dite loi Caseneuve reprise au sein de la loi Macron).

30 euros à payer pour passer le code

Une des conséquences de cette réforme consiste dès juin prochain à rendre payant le passage du code s’indigne le Snica-FO. Les candidats qui passeront l’examen théorique du code de la route devront en effet débourser 30 euros.

Cet examen pourrait même devenir plus coûteux. En effet, pour l’Autorité de la concurrence (autorité administrative indépendante née en 2008 de la loi de modernisation de l’Économie) il est impossible de fixer un tarif précis au nom de la libre concurrence…

Pour le Snica-FO « la seule réponse républicaine et responsable, ce sont des examens publics et gratuits dans toutes les catégories de permis ». Pour l’instant regrette le Snica-FO la tendance est inverse.

Après quelques expérimentations ces deux dernières années, notamment en faisant appel à des retraités de la fonction publique pour faire passer l’examen du code de la route, désormais celui-ci sera donc confié au secteur privé.

Les inspecteurs privés de contrôle

Des opérateurs tels La Poste ou encore Dekra (centres de contrôles techniques) seront chargés de faire passer le code aux 900 000 candidats qui se présentent chaque année à l’examen. Le code pourrait donc devenir un marché lucratif pour les opérateurs privés.

Les fonctionnaires contestent aussi vigoureusement l’organisation par l’État d’une absence de contrôle des auto-écoles et des centres de récupération de points en ce qui concerne les règles pédagogiques qu’ils doivent respecter.

« On n’effectue plus le contrôle de l’enseignement dispensé par les auto-écoles » s’inquiète le Snica-FO et les jeunes candidats désargentés peuvent en être les premières victimes.

« Comment la loi Macron peut-elle favoriser l’égalité des chances en déréglementant et en uberisant le monde l’auto-école ? » interroge encore le syndicat FO.

Depuis dix ans, s’insurge Pascale Maset, la secrétaire générale du Snica-FO « l’État a ôté aux inspecteurs toutes leur missions de contrôle, cela en prétendant que nous allions recentrer notre mission sur le passage du permis de conduire ».

L’argument de l’État consistait à expliquer qu’il fallait réduire très vite les délais d’attente pour le passage du permis.

Or explique FO il y a aujourd’hui un nombre trop élevé de places à l’examen comparé au nombre de candidats. Malgré cette situation qui peut notamment induire des pratiques discutables de la part des auto-écoles, la promesse faite en 2014 par le ministre de l’Intérieur de confier de nouveau aux inspecteurs leurs missions de contrôle des entreprises de conduite n’a toujours pas été tenue.

Cette mission de contrôle est cependant dans « l’intérêt du service public et des usagers » rappelle le Snica-FO qui porte cette fois cette revendication à travers la grève.

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