Les internationales syndicales

Histoire par Christophe Chiclet, L’Info Militante

Face au patronat ainsi qu’aux pouvoirs politiques souvent dictatoriaux, les syndicalistes ont compris dès la fin du XIX° siècle qu’il fallait unir leurs forces à l’échelle internationale.

En 1913 à Zürich, apparaît la FSI (Fédération syndicale internationale) qui se transforme en FSM (Fédération syndicale mondiale) à Paris en septembre 1945. Trois tendances s’y opposent : la communiste avec les nouveaux syndicats de l’Europe de l’Est et la majorité de la CGT en voie de stalinisation ; la travailliste avec les Britanniques et les Scandinaves ; la centriste avec le CIO américain, les syndicats chinois, la CGT italienne et la minorité de la CGT française derrière Léon Jouhaux.

La scission syndicale internationale va s’accélérer avec les prodromes de la Guerre froide dès 1945-1946 : guerres civiles en Grèce et au Kurdistan iranien. Elle va s’accentuer avec la doctrine Truman (volet politique) et le plan Marshall (volet économique) en 1947-1948 lesquels visent, entre autres, à endiguer l’avancée des forces communistes en Europe et dans le monde.

De leur côté, le 19 décembre 1947, Jouhaux, Bothereau, Bouzanquet, Neumeyer et Delamarre quittent d’eux-mêmes la « Vieille maison » en voie d’être totalement communisée. Les dés sont jetés dans un contexte international et national très tendu (grèves insurrectionnelles organisées par les communistes de la CGT en novembre 1947).

Les internationales syndicales libres

Jouhaux et ses amis, regroupés dans les « Amis de Force Ouvrière », sautent le pas et fondent la CGT-FO en avril 1948.

Au niveau international, la rupture se produit à la réunion du Bureau de la FSM à Paris en janvier 1949. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas claquent la porte. La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) est alors fondée à Bruxelles en décembre 1949, regroupant près de 50 millions d’adhérents. Mais, il y a des divergences au sein de la jeune internationale syndicale. Pour les uns, seule la libre entreprise peut assurer la liberté syndicale. Pour les autres, aucune réforme durable ne pourrait être réalisée aussi longtemps que le profit privé demeurerait le moteur de l’économie. Et Walter Reuther lance alors sa célèbre formule : Ni Staline, ni Standard Oil. C’est Léon Jouhaux qui devient le premier vice-président de cette nouvelle internationale syndicale. Le texte constitutif déclare : Fermement attachée aux principes démocratiques, la Confédération se fait le champion de la liberté humaine, dénonce et combat toutes les formes de totalitarisme et d’agression. Elle se déclare solidaire de tous les travailleurs privés par les régimes d’oppression de leurs droits de travailleurs et d’êtres humains, et s’engage à leur accorder son appui.

Dans la pratique, la jeune CISL dirige son activité vers trois directions : le combat contre le communisme soviétique, l’appui au mouvement syndical dans les territoires coloniaux et semi-coloniaux et le soutien à tous les efforts d’intégration européenne. D’ailleurs, Paul Finet, premier Président de la CISL, siègera aussi à la Haute autorité du Pool charbon-acier. En 2006, la CISL prend le nom de Confédération syndicale internationale (CSI), regroupant 155 millions d’adhérents dans 156 pays.

En 1946, la Confédération internationale des syndicats chrétiens (CISC), fondée en 1920, se reconstitue en juin 1946, avec comme président le Belge Pauwel, puis le français Gaston Tessier.

L’internationalisme a, dès l’origine, été l’ADN du mouvement syndical, contrairement au corporatisme qu’il combat.

Christophe Chiclet Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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