Communiqué de Force Ouvrière

Les invalides pénalisés

, Jocelyne Marmande

Recommander cette page

Lorsque le gouvernement a annoncé qu’il entendait procéder à l’actualisation des barèmes d’invalidité suite à un Accident du travail ou une Maladie professionnelle (AT/MP), Force Ouvrière a fait savoir que cette réforme devait avoir pour seul et unique objectif l’amélioration du sort des victimes.

Or le projet de décret portant création du « Comité d’actualisation des barèmes » est loin d’aller dans ce sens :

Sa composition uniquement médicale exclut totalement la branche strictement paritaire AT/MP des discussions et met à mal le dialogue social sur un sujet particulièrement sensible ;

Sa composition laisse entendre que le taux médical stricto sensu est le seul à déterminer le taux d’Incapacité partielle permanente ; il occulte, de fait, la prise en compte de l’incidence professionnelle de l’AT/MP.

Pourtant, les conséquences d’un AT/MP peuvent être dramatiques non seulement physiquement mais également socialement et humainement.

Parfois les licenciements marquent souvent le point de départ d’une désinsertion professionnelle qui s’accompagne d’une grande précarité.

En conséquence, Force Ouvrière s’est prononcée contre ce projet de décret lors de la Commission AT/MP du 15 avril dernier.

Force Ouvrière condamne donc une vision étriquée de l’actualisation des barèmes qui cantonne le travailleur à sa qualité de patient. La vision globale, qui est celle du syndicat, exige également de prendre en considération les conséquences de son AT/MP sur ses aptitudes et qualifications professionnelles, et donc sur sa vie future.

Force Ouvrière refuse toute réforme qui entraînerait une diminution des taux d’IPP, c’est-à-dire, des économies réalisées par l’Assurance Maladie sur le dos des victimes d’AT/MP.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jocelyne Marmande

Secrétaire confédérale - Secteur Protection sociale


Assurance Maladie - Allocations Familiales - Recouvrement - Commission nationale des Accidents du travail et Maladies Professionnelles - Prévention-Hygiène-Sécurité


Envoyer un message à Jocelyne Marmande

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Newsletter - Communiqués

Abonnez-vous à la lettre d’information « Communiqués de Force Ouvrière »

Éphéméride

18 janvier 1803

Mort de Sylvain Maréchal
Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de (...)

Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Ses critiques du pouvoir absolu (Livre échappé du déluge, 1784) et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses oeuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints, des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.
Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Son article de février 1791, « Des pauvres et des riches », où il évoque « dans toute son ampleur le problème social qu’il n’avait abordé jusqu’ici que sous une forme sentimentale et morale » (Dommanget) s’inscrit dans la lutte entre royalistes et républicains. Dans la lutte entre Girondins et Jacobins, il ne prend partie pour l’un ni l’autre. Il montre son scepticisme sur le cours pris par la révolution dans son livre Correctif à la Révolution. Après la chute de Robespierre, il s’approche des Conjurés de Babeuf et rédige le Manifeste des Égaux, où il montre les hommes dupés par les belles paroles des politiciens ambitieux, les nouveaux tyrans assis à la place des anciens : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés ». C’est à cause de cette phrase que le Comité directoire secret des Conjurés refuse de publier le manifeste. Le manifeste prône encore une fois la communauté des biens, c’est-à-dire la terre. Son originalité réside, selon Dommanget, dans « la double réunion du principe révolutionnaire et de l’idée communiste au mouvement de la masse laborieuse ». Ses écrits n’étant pas signés, Maréchal échappe aux poursuites judiciaires contre les Conjurés, et continue de publier jusqu’à sa mort survenue le 18 janvier 1803.