Les syndicats de la pénitentiaires ont fait part de leurs revendications au Président de la République.
Alors que l’administration pénitentiaire assume de plus en plus de missions, ils demandent notamment une hausse des effectifs par des créations de postes et la résorption de ceux qui restent vacants (1 300 postes), cela pour améliorer les conditions de travail qui ne cessent de se dégrader.
Les personnels demandent que le ministère de la justice « mette sur la table des réponses concrètes, chiffrées, sonnantes et trébuchantes » afin de répondre aux revendications.
Pour FO Pénitentiaire la rencontre inédite à l’Elysée marque « un acte fort » du chef de l’État. Celui-ci a annoncé aux syndicats que le gouvernement ferait des propositions sous trois mois aux personnels de la pénitentiaire.
François Hollande promet ainsi que ces propositions traiteront d’une amélioration des conditions indemnitaires et statutaires (au plan des grilles indiciaires) mais aussi du renfort des effectifs ou encore de la sécurisation des établissements.

Après une manifestation nationale qui a réuni plus de 3 000 agents le 22 octobre à Paris, les syndicats (surveillance et administratifs) doivent se rencontrer ce 29 octobre dans la soirée, notamment pour définir le maintien ou non de la prochaine action prévue le 5 novembre.
Celle-ci prendrait la forme d’un blocage des maisons d’arrêts et des centres pénitentiaires
« Restaurer la confiance »
De leur côté, les organisations syndicales des magistrats ont fait part eux aussi de leurs attentes au chef de l’État au cours d’une table ronde.
Pour FO magistrats, Béatrice Brugère a souligné l’actuel malaise qui règne dans la magistrature. « Il y a un problème de confiance des citoyens envers la justice mais aussi une crise au sein de la magistrature, un malaise au niveau de la chaîne pénale, une perte de sens concernant les missions ».
Or, poursuit la secrétaire générale de FO Magistrats « il est par exemple impératif de restaurer la confiance des usagers dans la justice et de rappeler le rôle du magistrat comme tiers impartial et responsable ».
Dans cette perspective, les magistrats FO ont demandé au chef de l’État l’organisation d’États généraux avec tous les acteurs de la justice. Le chef de l’État propose lui un plan pluriannuel.
Alors que se profile un projet de loi de simplification de la procédure pénale, FO magistrats demande une « vraie concertation » et souhaite que cette future réforme ne « consiste pas à alléger des procédures mais s’appuie sur une logique permettant de refonder la justice ».
L’individualisation des peines, par exemple les permissions de sortie de détenus expliquent les magistrats FO, « nécessite de mettre en place de nouveaux outils, de créer une capacité d’expertise » au service de la Justice et notamment de la mission des magistrats.
Améliorer les conditions d’exercice de la mission de justice passe à l’évidence par une amélioration des moyens mis à disposition des personnels souligne encore FO rappelant que malgré les récents recrutements de personnels et les hausses de crédits, le ministère de la Justice est encore loin d’avoir rattrapé le retard budgétaire dont il souffre depuis des années.
