Les retraités FO mobilisés, tandis que l’accord sur les retraites complémentaires fait tâche d’huile au Sénat...

Dignité par Clarisse Josselin, journaliste L’inFO militante

Conférence de presse es organisations de retraités (UCR-FO, UCR-CGT, UNIR CFE/CGC, FSU, UNAR CFTC, LFR, UNRPA et UNIR-Solidaires) à l’origine de la mobilisation du 24 novembre.

Dans la continuité des mobilisations unitaires menées depuis juin 2014, neuf organisations syndicales de retraités ont appelé à des rassemblements et à des manifestations dans plus de 80 départements le 24 novembre. Ils revendiquent notamment l’arrêt du gel des pensions et l’abrogation des mesures fiscales régressives.
Le Sénat, quant à lui, s’inspire de l’accord Medef Cfdt pour voter la retraite à 63 ans !

A Paris, la manifestation initialement prévue aux abords du ministère des affaires sociales a été annulée, mais une conférence de presse s’est tenue au siège de la confédération FO. Hors Ile-de-France, seules quelques manifestations ont été interdites.

« Les circonstances dramatiques en lien avec le 13 novembre nous ont amenés à revoir notre organisation, a précisé Didier Hotte, secrétaire général de l’Union confédérale des retraités (UCR-FO), en introduction. Mais nous avons voulu maintenir cette journée de mobilisation, sinon c’était une nouvelle victoire pour les criminels qui ont attaqué la démocratie. Et nos revendications ne doivent pas être mises sous le boisseau ».

Les organisations ont combattu l’idée selon laquelle les retraités seraient des « nantis » par rapport à la moyenne de la population. Ils ont rappelé que si la pension moyenne était de 1 306 euros brut par mois, elle était seulement de 993 euros pour les femmes. Et plus de 10 % des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 977 euros par mois pour une personne seule.

Les représentants des retraités, qui avaient remis à l’Elysée une pétition appuyée par 100 000 signatures le 1er octobre dernier, revendiquent l’arrêt du gel des pensions (depuis 2013), l’amélioration de leur pouvoir d’achat alors que les dépenses contraintes augmentent, et exigent qu’aucune pension ne soit inférieure au Smic pour une carrière complète.

FO revendique un retour de l’indexation des pensions sur les salaires

Ils appellent à un retour de la revalorisation des pensions au 1er janvier au lieu du 1er novembre, avec une indexation basée sur l’évolution des salaires et non sur les prix à la consommation.

Ils exigent aussi l’abrogation de la hausse de la pression fiscale sur les retraités conséquence de la suppression de la demi-part fiscale aux veufs ou veuves ayant élevé un enfant, de l’instauration de la taxe Casa destinée à financer la dépendance ou de la majoration de 10 % pour les retraités ayant élevé trois enfants…

« Certains camarades aux revenus modestes deviennent imposables ou voient leurs impôts doubler, déplore Didier Hotte. Grâce à notre campagne, le gouvernement a annoncé qu’ils n’auraient pas à payer d’impôts locaux ni de redevance TV en 2015 et 2016, mais nous allons voir comment ça se passe et demandons toujours le rétablissement de cette demi-part. ».

Ils dénoncent aussi l’absence d’instance de concertation sur les valorisations. Ils revendiquent la mise en œuvre en 2015 de la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement et la prise en charge de la perte d’autonomie par la Sécurité Sociale. Ils demandent aussi le renforcement des services publics indispensables à une vie digne, en particulier dans le domaine de la santé.

Les organisations se retrouveront le 18 décembre pour dresser le bilan de cette journée de mobilisation et envisager de nouvelles actions pour le début de l’année 2016.


Le Sénat vote pour 63 ans !
Le Sénat a adopté le 12 novembre un amendement visant à relever l’âge légal de départ en retraite de 62 à 63 ans d’ici à 2019, dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2016. L’âge permettant de partir à taux plein même sans avoir le nombre de trimestres nécessaires resterait fixé à 67 ans.
Cette mesure a très peu de chance d’être définitivement adoptée car le gouvernement et sa majorité parlementaire y sont opposés et qu’elle doit encore être validée par l’Assemblée nationale.
Pourtant un départ à 63 ans en 2019 pour une retraite complète, sans décote, c’est bien ce qu’impose le nouvel accord sur les régimes de retraite complémentaire passé le 30 octobre entre le Medef et certains syndicats, mais auquel FO s’est opposé.

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