Les revendications ouvrières durant les Trente Glorieuses

Histoire par Christophe Chiclet, journaliste L’inFO militante

Chaîne de production des usines Renault durant l’après-guerre. DR

Après la Seconde Guerre mondiale la France connaît une croissance jusqu’alors inconnue. Mais la répartition de ces nouvelles richesses se fait mal à cause de la politique du patronat. La jeune CGT-FO sera en pointe sur cette question des répartitions.

N ous parlons à tort de « trente glorieuses ». En réalité, il s’agit plutôt des « vingt glorieuses ». En effet, les destructions de la guerre ont laissé le pays exsangue. Les tickets de rationnement sur le pain ne sont supprimés que le 1er février 1949 et les derniers, sur l’essence, le sucre et le café, en décembre de la même année. La reconstruction n’est achevée qu’en 1955 et le budget de la France est grevé par les guerres coloniales. À la suite de la guerre du Kippour d’octobre 1973, la France est touchée par la première crise du pétrole l’année suivante.

Les travailleurs voient le pays se développer et s’enrichir. Sans eux, les laissés-pour- compte de la juste répartition des richesses. Les revendications qui montent des ateliers, des usines, des bureaux dans ces années-là sont claires : augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail. Pour ce faire, la jeune CGT-FO comprend de suite qu’il faut bétonner la protection des travailleurs. C’est ce qu’elle fait en arrachant la loi sur les conventions collectives dès 1950  [1] et en relançant les négociations paritaires (patronat-syndicats) afin d’améliorer les conditions de vie des employés. Ainsi, 20 353 conventions et avenants seront signés entre 1950 et 1971.

De 1953 à 1968

Malgré leur nombre alors relativement peu élevé, les militants de FO sont à l’origine ou à la pointe de nombreuses grèves qui furent des succès. En août 1953, les postiers FO de Bordeaux lancent une grève qui deviendra nationale (deux millions de grévistes), obtenant une hausse des salaires et la défense des retraites, déjà attaquées. En 1955-1956, c’est encore la petite et tenace CGT-FO qui, grâce aux grèves qu’elle lance, obtient la titularisation des temporaires et la revalorisation du point d’indice à la RATP et à l’Assistance publique. Les métallos FO obtiennent la troisième semaine de congés payés pour leur branche, avantage élargi à toutes les branches dès le 28 février 1956.

Idem pour Mai 68. Ce sont des militants FO de province qui ont allumé la mèche. Les revendications étaient simples : augmentation des salaires et reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise. Ce fut acté par les « accords de Grenelle », où André Bergeron obtint une augmentation supplémentaire du Smic que la CGT-Frachon n’avait même pas demandée !

 

LE PLAN MARSHALL
Alors qu’un rideau de fer vient de tomber sur l’Europe de la Baltique à l’Adriatique, les États-Unis décident d’aider financièrement l’Europe occidentale pour endiguer l’expansionnisme de l’URSS. En avril 1948, le gouvernement français accepte l’aide américaine, qui sera de 2,7 milliards de dollars entre 1948 et 1952. Le deuxième bénéficiaire derrière le Royaume-Uni.

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