Les salariés mobilisés à l’appel de FO pour défendre la convention collective 66

Action sociale par Clarisse Josselin

Rassemblement à Paris devant le siège de l’organisation patronale SYNEAS.

Des rassemblements ont été organisés dans toute la France le 15 mars à l’appel d’une intersyndicale pour défendre les acquis de la convention collective 66, qui couvre depuis 50 ans des salariés de l’action sociale, et réclamer une hausse de salaires. A Paris, près de 300 personnes ont manifesté devant le siège de l’organisation patronale Syneas.

A l’occasion du jour anniversaire des 50 ans de la convention collective 66, le 15 mars, la fédération de l’action sociale FNAS-FO a appelé les salariés à se mobiliser dans toute la France pour exiger le maintien et l’amélioration de ce texte. Elle revendiquait aussi le retrait de la loi Travail, une « déclaration de guerre ouverte contre l’ensemble des droits collectifs », selon un communiqué.

Deux organisations patronales, Synea et Fegapei, ont prévu de s’unir et de remettre en cause la convention 66 qui régit les conditions de travail de la plupart des salariés du secteur social et médico-social et qui constitue, selon un communiqué signé par FO, « un rempart face aux politiques d’austérité qui mettent à mal le secteur ».

Les employeurs attendent la loi Travail pour casser les droits collectifs

Les employeurs veulent « créer un nouvel environnement conventionnel » qui serait un simple socle conventionnel minimaliste. Leurs objectifs seraient, selon FO, une remise en cause des métiers au profit des compétences et de la polyvalence ; une augmentation du temps de travail avec la suppression des congés supplémentaires ; une baisse des salaires avec la disparition de la progression à l’ancienneté et l’introduction d’une part variable au seul gré de l’employeur… Le patronat souhaiterait également que le forfait jour, qui ne s’impose actuellement qu’aux cadres, devienne la règle pour tous les salariés.

Action sociale : ce 15 mars, FO a également mobilisé à Lille.

A Paris, près de 300 personnes se sont rassemblées devant le siège de la Syneas, où une délégation de l’intersyndicale a été reçue. « Même si aucun projet de refonte n’est encore sur la table, les employeurs poursuivent dans leur volonté de casser la convention 66, a expliqué Pascal Corbex, secrétaire général de la FNAS-FO, à l’issue de la rencontre. Ils attendent sûrement la mise en place de la loi Travail pour modifier le temps de travail et les salaires, en prétextant des conditions économiques difficiles. Nous leur avons rappelé notre détermination à exiger l’abandon du projet. »

Une perte de 26% du pouvoir d’achat en 16 ans

Une autre revendication concerne les salaires alors que dans le secteur vingt-quatre grilles commencent sous le Smic. Le gel du point a entraîné une perte de 26 % du pouvoir d’achat en seize ans. Le 14 mars, les employeurs ont proposé une hausse de la valeur du point de 2 centimes d’euros à compter de décembre 2016. FO exige une hausse de 4 euros rétroactive à janvier 2016 et un salaire minimum conventionnel à 1 700 euros bruts.

La FNAS-FO a invité les salariés à poursuivre le combat contre la Loi Travail en soutenant les mobilisations organisées par les organisations de jeunesse les 17 et 24 mars et à faire grève le 31 mars, à l’appel d’une intersyndicale.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante