[Livre] Diogène, l’homme chien

InFO militante par Corinne Kefes, L’Info Militante

Cave canem

La figure de Diogène tient une place particulière dans la pensée grecque, entre autres parce qu’il a mis en application à la lettre ses principes philosophiques durant toute sa longue vie.

Cet ouvrage est une double invitation au voyage, à la rencontre d’un homme qui dénote et à travers une langue morte, le latin.

Ce que Diogène prône, c’est savoir se contenter du strict minimum, refuser la possession, celle des choses comme celle des hommes, se défaire du superflu afin de redevenir soi-même, sans les masques que la société nous oblige à porter et atteindre ainsi la liberté et le bonheur.

Il n’hésite pas à battre en brèche les idées et préceptes de ses contemporains, tout illustres qu’ils soient, comme Platon ou Alexandre le Grand. Moqueur, provocateur, il offre sa vérité au monde, que cela plaise ou pas. Il cultive l’ironie et le cynisme, adopte un comportement à la limite de la subversion : l’Homme vrai et libre ne peut avoir ni Dieu ni maître. Véritable électron libre, il a le verbe haut et l’art de convaincre.

C’est peut-être un homme moderne avant l’heure, admettant la liberté sexuelle et l’égalité femme-homme, remettant en cause le sacré et les lois de la cité, refusant les armes et les richesses, préconisant le retour à la nature et l’autosuffisance.

 

Diogène, l’homme chien d’Yan Marchand – Vincent Sorel – Delphine Meunier. Éditions Les petits Platons, 79 pages, 9,90 euros.