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[Livre] La nourrice aimait chopin : une pensée pour Moleskine

, Corinne Kefes

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Que peuvent avoir en commun un piano sur une falaise, une partie de bridge, un crime passionnel, une « ma dalton », une visite au grenier, une terreur diurne, une vente aux enchères, un naufrage et un voyage à Tokyo ? C’est pourtant facile, c’est écrit dans le titre : Chopin !

Tout en discrétion, c’est bien le leitmotiv qui parcourt ce recueil de neuf nouvelles hétéroclites. Et pour qui connaît Chopin, on ne peut s’empêcher de penser, à la façon dont les récits s’enchaînent, à la « note bleue » qu’évoque George Sand à propos de certaines compositions de Chopin. L’inspiration semble ainsi s’abandonner à l’improvisation et à l’imagination selon l’ambiance d’un moment.

Avec une écriture simple et efficace, l’auteure nous dévoile une galerie de portraits de gens ordinaires dans des situations qui le sont moins. On progresse dans le récit comme sur une planche savonneuse, sans maîtrise de la direction vers laquelle on est entraîné.

C’est un livre curieux, à la fois singulier et exploratoire, dans lequel se mêlent un zeste d’enfance, un brin de souvenirs, un soupçon de merveilleux ; un livre plein d’humour et de malice qui nous montre la part d’ombre de l’humain mais sans noirceur.

La nourrice aimait Chopin de Marie-Laure Schisselé, éditions du Petit Pavé, 92 pages, 12 euros.