[Livre] La Procrastination – suivi de Quand la procrastination rencontre le confinement

InFO militante par Corinne Kefes, L’Info Militante

La culture de l’esquive

Voici un livre à la croisée de deux citations : celle du bon sens commun, Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même, et celle de Mark Twain : Ne jamais remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire le surlendemain.

L’auteur, un professeur de philosophie plein d’humour, évoque l’art de procrastiner, c’est-à-dire de remettre sans cesse les choses au lendemain. Pour beaucoup, la procrastination est un vilain défaut mais pour autant elle peut aussi développer une forme de performance : à faire mille choses pour en repousser une, on peut s’inventer des trésors d’efficacité. Il n’est donc pas ici question de paresse ou d’inactivité.

Le propos, bienveillant, est de déculpabiliser le procrastinateur, dans une société de l’urgence et de l’immédiateté, de lui donner des astuces pour assumer cette inclination et se réconcilier avec lui-même. Qui sait, c’est peut-être un perfectionnisme qui s’ignore et garde de cette façon l’échec à distance.

Ainsi, la procrastination structurée se base sur l’établissement de listes de priorités, morcelées, pour hiérarchiser les corvées afin de choisir une tâche secondaire à faire et la rayer, avec bonheur, une fois accomplie. Il existe aussi des bienfaits à procrastiner : éviter le travail inutile d’une tâche qui finalement n’est plus nécessaire, favoriser la maturation d’une idée...

Heureux les procrastinateurs ? On verra bien demain.

 

La Procrastination – suivi de Quand la procrastination rencontre le confinement de John Perry. Éditions Flammarion, 169 pages, 15 euros.