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Du 30 mai au 3 juin 2022 : XXVe Congrès confédéral à Rouen

[Livre] Le syndrome de la valise à roulettes

Culture par Corinne Kefes, L’Info Militante

« C’est bien une idée de fille ! » − Comment le monde claque la porte aux idées des femmes, Katrine Marçal. Éditions Autrement − Flammarion, 314 pages, 19,90 euros.

L’innovation technique a-t-elle un sexe ? Il semble bien que oui à la lecture de cet ouvrage qui démontre comment les conceptions dominantes peuvent être un frein aux idées nouvelles. Or, dans ce domaine, plus qu’ailleurs peut-être, la femme a dû (et doit encore) faire face à de nombreux préjugés.

L’innovation est souvent un processus long. Une invention, c’est le résultat d’une bonne idée mais aussi de la faculté d’en saisir toutes les implications et applications à venir et d’une validation de la société quant à son utilité. De fait, cette validation est empreinte d’idées préconçues qui discréditent les femmes.

La division du travail est encore en partie liée à la vision du genre : les tâches considérées comme simples seraient l’apanage des femmes en raison de leur aptitude à suivre les instructions. De même, une femme douée pour une tâche mettrait en avant une aptitude naturelle, alors que ce serait une compétence pour un homme. On a ainsi sexué certains postes, voire certains matériaux, leur attribuant des qualités féminines ou masculines et en les hiérarchisant, ce qui a développé certaines innovations et pas d’autres.

Le livre est étayé par de nombreux exemples éclairant la juste place de la femme dans le monde de l’innovation. Il évoque les difficultés qu’elles rencontrent encore pour se faire reconnaître dans ce domaine (comme l’accès au crédit ou la notion de capital-risque), mais aussi les opportunités de renverser la situation (comme les réseaux sociaux ou les avancées de la robotique) dans un monde où le physique cède le pas au savoir et à la relation.

Quand l’innovation technique modèle en partie le monde de demain, il est préoccupant de constater qu’elle est encore trop souvent le fait d’hommes seulement.