Logistique : première victoire de FO chez Intermarché

Emploi par Clarisse Josselin

Le 8 avril 2015, les salariés d’ITM LAI avait manifesté à Auch contre la fermeture annoncée de l’entrepôt de Lectoure.

Le ministère du Travail a invalidé fin septembre le licenciement de cinq anciens élus FO, après la fermeture de la base logistique Intermarché de Lectoure en octobre 2015. Le combat se poursuit pour les ex-salariés qui contestent en justice le caractère économique de leur licenciement.

Les cinq anciens élus FO de la base ITM LAI (logistique alimentaire d’Intermarché) de Lectoure, dans le Gers, savourent leur victoire. Fin septembre, le ministère du Travail, qu’ils avaient saisi en appel, a invalidé leurs licenciements pour non respect des procédures. Ils avaient été autorisés par l’inspection du travail. Les élus ont deux mois pour demander leur réintégration dans l’entreprise.

« Ça met du baume au coeur, on était une petite base loin de tout, et on arrive à faire de gros soucis à Intermarché », se réjouit Franck Duport, ancien délégué FO à Lectoure. L’entrepôt avait fermé en octobre 2015, entraînant 250 suppressions d’emplois et 120 licenciements. L’activité à été transférée à 70 km de là, à Montbartier (Tarn-et-Garonne), et confiée à un sous-traitant.

Cette victoire n’est qu’une première étape. Onze salariés, accompagnés par FO, ont saisi la justice pour contester le caractère économique de leur licenciement, en l’absence de difficultés d’ITM LAI. Ils estiment qu’ils ont été prononcés sans cause réelle et sérieuse. En 2014, le chiffre d’affaires des Mousquetaires était de 40,1 milliards d’euros, avec une part de marché en hausse. En 2015, il a encore augmenté de 0,9 % hors carburant.

Licenciements boursiers

« Dans les motifs de licenciement, la direction évoque notamment une population vieillissante et qui manquait de performance, un argument que l’on juge discriminatoire, explique Franck Duport. Sur 35 entrepôts, on était le deuxième le plus performant. »

L’affaire était jugée le 28 septembre au conseil des prud’hommes d’Auch. Le jugement sera rendu le 8 décembre. Lors de l’audience, l’employeur a mis en avant la défense de la compétitivité économique de l’entreprise. « Ils n’ont présenté aucun chiffre laissant paraître une possible baisse d’activité, le groupe n’est pas en difficultés économiques, pour nous ce sont des licenciements boursiers », dénonce Richard Mouclier, délégué central FO chez ITM LAI.

Le syndicat appelle tous les anciens salariés à se joindre à la procédure. Six nouveaux dossiers ont déjà été constitués.

600 emplois supprimés

Une victoire pourrait aussi servir les salariés des autres bases menacées de fermeture à s’opposer à leur licenciement. ITM LAI a lancé un vaste plan de transformation en 2012, pour réduire ses coûts. Il prévoit la création de nouvelles bases regroupant les produits frais et les produits secs, auparavant stockés séparément.

« Ce sont des plans sociaux rampants, annoncés trois ans à l’avance et sans date de fin, avec de nouvelles phases présentées tous les ans, explique Richard Mouclier. La direction utilise l’automatisation et le mécanisation pour faire des économies d’échelle et supprimer des emplois. Initialement, il ne devait y avoir que des regroupements, mais il y a désormais des fermetures sèches, Lectoure était la première. ».

Le troisième PSE, présenté en avril 2015, prévoyait trois fermetures sèches en 2018 et la suppression de 600 emplois. Le plan doit se poursuivre jusqu’en 2020. De 35 bases en 2015, le délégué central FO craint qu’il ne reste à terme que 14 « monstres ».


Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

Sur le même sujet

Une fois la nullité du PSE avérée, l’employeur doit-il reprendre les procédures de consultation des comités d’entreprise depuis le début ?

Rupture du contrat par Secteur juridique

Les plans sociaux, désormais des PSE, se multiplient et les recours à la justice pour les faire annuler aussi. Les juges se sont certes montrés soucieux d’encadrer les licenciements collectifs dans un contexte de crise de l’emploi, mais cela entend aussi faire valoir le respect à la lettre de la procédure légale, une sécurisation juridique en somme.

Licenciement abusif et grève de la faim chez Aldi

Toute l’actualité par FGTA-FO

Une salariée de l’entrepôt Aldi Marché de Bois-Grenier (Nord) vient d’être licenciée pour s’être rendue trop souvent aux toilettes, avoir « -triché- » sur des commandes et ne pas avoir justifié deux absences, motifs qu’elle conteste.