Loi Travail : dockers et routiers embrayent, l’Elysée fait du surplace

Revue de presse par Michel Pourcelot

Article publié dans le Dossier Loi Travail
Manifestation du 17 mai 2016 à Marseille.

La nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail, mardi 17 mai, a été très observée par la presse tout comme l’attitude affichée par le chef de l’État lors d’une interview, le jour même. Aperçus dans le rétroviseur.

Manifestation du 17 mai 2016 à Paris. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Le JDD
« Mardi, entre 68 000 et 220 000 personnes ont battu le pavé en France pour appeler au retrait de la loi Travail, à l’appel des sept syndicats contestataires CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl. Cette sixième journée de mobilisation intervient après le recours au 49-3, permettant de faire adopter le texte sans le vote des députés. François Hollande a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne céderait pas face à la rue ». Pas question de bouger d’un pouce. Le char de l’État atteint d’immobilisme ?

Manifestation du 17 mai 2016 à Évreux.

Paris-Match
Ou manifestation de surdité ? « Des milliers de manifestants ont défilé mardi (...) avec l’objectif de "se faire entendre encore plus fort", lors d’une sixième journée de mobilisation contre le projet de loi travail marquée globalement par moins de débordements ».

Manifestation à Dijon le 17 mai 2016.

Libération
Mais plus de barrages filtrants : « A l’avant-garde des professions mobilisées cette semaine contre la loi El Khomri, les routiers ont ouvert le bal ce mardi 17 mai en multipliant dès l’aube barrages filtrants, opérations escargots ou encore blocages de sites industriels, notamment dans l’ouest de la France. Les autorités ont recensé une trentaine d’actions lancées par les chauffeurs de poids lourds, à l’appel des fédérations des transports CGT et FO et avec le renfort des dockers, notamment aux abords des zones portuaire et industrielle du Havre, tout comme celles du port de Saint-Nazaire ou de la raffinerie de Donges, près de Nantes. Des barrages ont aussi été installés à l’aéroport de Perpignan ou encore à Fos-sur-Mer, où se trouvent de nombreuses entreprises de chimie et pétrochimie. Les deux syndicats ont choisi de concentrer leurs actions sur les zones industrielles pour ne pas pénaliser les usagers de la route ».

Manifestation à Saint-Brieuc le 17 mai 2016.

Les Echos
Ce qui a sans doute incité le chef de l’État à se poser en timonier expert : « Je n’ai pas le sentiment qu’il y a un mouvement qui met en péril les moyens de circuler », a constaté François Hollande sur Europe 1 mardi matin. Le syndrome Bison Futé ?

Manifestation à Périgueux le 17 mai 2016.

Le Midi Libre
Pourtant, « des grèves reconductibles étaient également annoncées chez les dockers, marins, facteurs, et à partir de mercredi à la SNCF, où des revendications internes s’ajoutent au rejet de la loi travail. "On n’a pas été entendus, donc on va se faire entendre encore plus fort", a affirmé Philippe Martinez (CGT). Le président a "les oreilles bouchées", a-t-il regretté. Pour FO, Jean-Claude Mailly a lui souligné qu’il était encore possible de "modifier le texte", attendu au Sénat en juin, avant son retour d’ici à fin juillet à l’Assemblée nationale pour adoption définitive ». Mais le pouvoir est-il capable de remettre la clé de contact ?

Manifestation à Montpellier le 17 mai 2016.

Michel Pourcelot Journaliste

Plus dans le Dossier Loi Travail
Tous les articles du dossier

Le combat contre la loi Travail continue

Éditoriaux de FO par Jean-Claude Mailly

Face à la surdité des pouvoirs publics, enfermés dans leur tour d’ivoire, nous continuons à avoir des contacts avec des élus de la Nation, à l’Assemblée nationale comme au Sénat.
Dalida chantait « paroles, paroles », comme le gouvernement dit « dialogue, dialogue » !
Rappelons que nous ne cessons (...)

Loi Travail : Le 3 mai, la balle dans le camp des député-es

Emploi et Salaires

Réunies le 2 mai au soir, les organisations syndicales mobilisées contre le projet de loi Travail appellent les parlementaires à rejeter ce projet, exigeant le maintien du principe de faveur et de la hiérarchie des normes. A la suite du courrier adressé aux parlementaires le 31 mars, et du meeting prévu ce 3 mai, elles ont aussi décidé « de faire du 12 mai une journée d’initiatives et d’interpellations des parlementaires. »