Loi Travail : ils et elles manifestaient le 14 juin

Emploi et Salaires par Clarisse Josselin

Article publié dans le Dossier Loi Travail
Christophe, Laurence et Mohamed. Photographie : C. Josselin / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Christophe, Laurence et Mohamed, secteur du nettoyage, venus d’Aix-en-Provence



Partis à minuit d’Aix-en-Provence dans un bus affrété par l’union départementale des Bouches-du-Rhône, ils ont roulé toute la nuit. Après une quasi nuit blanche dans une bonne ambiance, ils sont arrivés à Paris vers 10h30.

Mohamed, salarié chez Laser Propreté et syndiqué depuis un an, a surmonté son appréhension des casseurs pour participer à sa première manifestation parisienne et lutter contre le projet de loi Travail, « un déni de démocratie et une trahison. »

Laurence, secrétaire départementale FO chez Onet, est pour sa part « super motivée » et très contente de participer à une action nationale. « C’est incroyable, on voit toutes les classes confondues, c’est une autre dimension qu’à Marseille » s’enthousiasme-t-elle.

Son but, « que cette loi Travail qui bafoue les droits des salariés et la démocratie ne voie jamais le jour. » Dans le secteur de la propreté, les salariés sont déjà précaires et isolés. « Si la loi passe, ils devront négocier directement avec les patrons, ils vont faire comment ? s’interroge-t-elle. Ils ne connaissent pas leurs droits, certains ne savent ni lire ni écrire. Ce serait une catastrophe, ça va licencier à tout va. »

Le retour sur Aix était prévu vers 20 heures, pour une arrivée le lendemain au petit matin.


Jacqueline, Pascal et Marie-Rose. Photographie : C. Josselin / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Jacqueline, Pascal et Marie-Rose, enseignants du premier degré, venus du Gard

Ils sont partis en train à 7 h de Nîmes, « 6h53 » précise Marie-Rose dans un grand rire. Pour payer leur billet de train, ils ont lancé une campagne de souscription auprès de leurs collègues du département. « C’était aussi un moyen de les impliquer, explique Pascal. Nous sommes une vingtaine d’enseignants à être venus, chacun représente une école. Ça fait du bien d’être là, dans notre région c’est très dur de mobiliser. »

« Vieux routards » des manifestations parisiennes, ils ont déjà battu le pavé en 1986, 1995. En 2000, ils étaient venus pour réclamer la création de 500 postes d’enseignants dans le Gard. « Cette action avait en partie provoqué le départ de Claude Allègre, le ministre de l’éducation de l’époque, plaisantent-ils. Myriam El Khomri n’a qu’à bien se tenir, car on est là à nouveau. »

Si le projet de loi Travail touche principalement les salariés du privé, certaines dispositions renvoient à des dérives dans la fonction publique, notamment la mise en place d’une gestion déconcentrée des personnels au niveau régional. Par ailleurs, « un accord local qui prime sur la loi, c’est la réforme des rythmes scolaires », ajoute pour exemple Pascal. Ils sont aussi venus défendre les futurs droits de leurs élèves.


Olivier. Photographie : C. Josselin / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0



Olivier, éducateur technique, venu de Montpellier



Il a pris le train à 6h30 avec une centaine de camarades du département. « On devait partir à 300 mais un TGV a été annulé la veille du départ, regrette Olivier. Ceux qui n’ont pas pu venir manifestent à Montpellier. On s’échange quelques photos par téléphone. »

Pour sa première manifestation parisienne, il est impressionné par l’ambiance, « démultipliée par rapport aux manifestations de Montpellier ».

Salarié de la fondation de l’Armée du Salut, il adhère à FO depuis 2010. Il était « très important » pour lui de venir à Paris, à l’appel de la confédération, pour exiger le retrait du projet de loi Travail. « On pourrait demander au gouvernement s’il serait d’accord pour que les mairies décident de tout, puis les départements et les régions, ajoute-t-il. L’État prendrait ce qui reste ».

Dans son secteur de l’action sociale, les employeurs sont déjà dans une logique de moins disant social. « Ils cassent les conventions collectives et nous disent qu’il n’y a plus d’argent, dénonce-t-il. Après c’est un choix de société. Soit on éduque et on soigne, soit on fait de la garderie et de la paperasserie. »

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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