Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Loi Travail : la solution ne peut passer que par un vrai dialogue

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Manifestation contre la loi travail (11e) le 28 juin 2016 entre la Bastille et la place d’Italie à Paris. . Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Le bon sens, la responsabilité, la nécessité de respecter les droits fondamentaux, dont la liberté de manifester, l’ont finalement et heureusement emporté. Il aura fallu, pour ce faire, que nous prenions l’initiative de demander un rendez-vous rapide au ministre de l’Intérieur et que celui-ci l’ait accepté.

C’est ainsi qu’une solution a pu être trouvée.

Tout cela montre que lorsque les deux parties sont prêtes à dialoguer sérieusement, un accord peut être trouvé.

Ce serait bien qu’il en soit ainsi sur le cœur du sujet, le projet de loi Travail !

Nos positions sont connues et elles le sont à tous les étages des pouvoirs publics et du Parlement.

Le problème c’est qu’on a le sentiment qu’entre les étages, l’ascenseur fonctionne mal. Mon expérience militante me conduit à dire que je n’ai pas connu un conflit qui dure aussi longtemps. Et nous savons tous que pour qu’un conflit se termine correctement, il faut qu’il y ait un vrai dialogue.

C’est pour cette raison que nous avons suggéré au Premier ministre de réunir sur une journée, en contacts bilatéraux, les interlocuteurs sociaux.

Bien entendu, cette proposition ne vaut que si un véritable dialogue s’instaure.

Abandonner le projet de loi Travail tel qu’il est relève aussi du bon sens au regard du référendum qui vient de se dérouler au Royaume-Uni sur le Brexit. Nombreux sont en effet les commentaires, y compris officiels, expliquant qu’il y a urgence à ce que l’Europe renoue avec les citoyens.

Or des projets de loi comme celui sur le travail en France, ou ailleurs, font partie des engagements européens qui salissent l’idée européenne et qui la discréditent aux yeux des travailleurs.

La sagesse et la raison devraient l’emporter.

Dans tous les cas, nous poursuivrons notre combat de résistance et de progrès. 


Conférence de presse au siège de la CGT le 22 juin pour annoncer l’autorisation du défilé du 23 juin.

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23 janvier 1898

Agression contre Jaurès à la Chambre des députés
Au moment où le grand tribun prononçait un discours à propos de l’affaire Dreyfus qui passionnait alors l’opinion publique, le comte de Bernis, député réactionnaire, saisissait l’occasion pour dire à Jaurès : « vous êtes l’avocat du syndicat ». L’orateur socialiste lui riposta aussitôt : « M. de Bernis vous (...)

Au moment où le grand tribun prononçait un discours à propos de l’affaire Dreyfus qui passionnait alors l’opinion publique, le comte de Bernis, député réactionnaire, saisissait l’occasion pour dire à Jaurès : « vous êtes l’avocat du syndicat ». L’orateur socialiste lui riposta aussitôt : « M. de Bernis vous êtes un misérable et un lâche » ! C’est alors que se produisit un indescriptible tumulte, Gérault-Richard intervint et gifla de Bernis en lui disant : « Vous êtes un gredin » ! Nouvelle bousculade au cours de laquelle de Bernis se vengea en frappant Jaurès à la nuque. La stupeur et l’indignation provoquèrent une bagarre pendant laquelle de Bernis fut durement malmené. Les députés de gauche et d’extrême-gauche témoignèrent aussitôt une manifestation de sympathie envers Jaurès.