Communiqué de FO

Les chiffres du chômage : Une interprétation compliquée mais certainement pas positive

, Michel Beaugas

Recommander cette page

Les chiffres du nombre demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi à fin mai viennent de paraître : ils sont en hausse de 0,3% pour les catégories A (+ 9 200 personnes).

Alors que le mois précédent, les services statistiques attribuaient une partie de la baisse du nombre de demandeurs d’emploi d’avril à une augmentation inhabituelle des sorties des listes de Pôle emploi pour « défaut d’actualisation », voilà que ces demandeurs d’emploi se sont réinscrits à Pôle emploi.

C’est du moins un des éléments avancés par la DARES pour essayer d’expliquer la hausse de 0,3% sur un mois des personnes en catégorie A et de 2,4% sur un mois pour les personnes inscrites en catégories C. Mais ce n’est pas aussi simple et comme Force Ouvrière l’avait annoncé le mois dernier : il ne faut pas se contenter des apparences. La situation sur le marché du travail est particulièrement complexe ces derniers temps.

Les entrées à Pôle emploi pour fin de mission d’intérim augmentent, les entrées pour licenciements économique également, les demandeurs d’emploi inscrits en activité réduite longue (cat B) augmente alors que l’activité réduite courte diminue, un nombre de cessation d’inscription pour défaut d’actualisation toujours aussi élevé. Tout cela illustre bel et bien que la situation reste compliquée pour les demandeurs d’emploi et qu’une précarisation s’installe avec toujours plus de contrats courts, très courts.

C’est aussi contre cette précarisation que le projet de loi dit travail va accentuer que Force Ouvrière continue à se mobiliser et appelle à la prochaine journée d’actions, de grèves et de manifestations le 28 juin.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


Envoyer un message à Michel Beaugas

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Dossiers sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Newsletter - Communiqués

Abonnez-vous à la lettre d’information « Communiqués de Force Ouvrière »

Éphéméride

21 novembre 1831

La révolte des Canuts
Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de (...)

Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. 

La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de nombreux points. 

Au début du XIXe siècle, l’économie lyonnaise reste largement dominée par la soierie. Mais la concurrence internationale et la transformation de l’économie locale dès 1827 entraînent un appauvrissement général de la population. Le salaire des ouvriers de la soie, les fameux Canuts, tombe à dix-huit sous pour quinze heures de travail journalier. Cette situation n’est guère appréciée par ces ouvriers spécialisés, largement en avance dans l’organisation de leurs droits. Dès 1811, ils obtiennent un tarif minimum. En 1826, ils disposent déjà de leur propre société de secours mutuel. La révolution de 1830 va les électriser. 

Le 27 juillet 1830, les ouvriers parisiens se révoltent contre les dernières ordonnances de Charles X. Le drapeau tricolore devient l’emblème des insurgés des trois glorieuses, immortalisées par Victor Hugo dans"Les Misérables". La chute des Bourbons crée une véritable onde de choc. Bruxelles et Varsovie se révoltent en août et novembre 1830. 

Lyon n’y échappe pas. Le 18 octobre 1831, les chefs d’atelier des soieries demandent au préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart, de réinstaurer un tarif minimum. Le 25, six mille Canuts, chefs d’atelier et compagnons-ouvriers, manifestent pour soutenir leur revendication. Le jour même, le préfet accepte. Une commission patrons-ouvriers entérine le tarif. Mais une minorité d’une centaine de fabricants refuse ce tarif, arguant d’une baisse des ventes. 

L’agitation reprend alors et les ouvriers-compagnons, eux aussi organisés, débordent les chefs d’atelier. Le 21 novembre 1831, les premières barricades s’élèvent dans le quartier de la Croix Rousse. La Monarchie de Juillet y envoie la police et les gardes nationaux, mais parmi ces derniers se trouvent nombre de chefs d’atelier. C’est ainsi que neuf cents gardes nationaux passent au côté des insurgés. Le 22 novembre, la Croix Rousse et la Guillotière sont aux mains des ouvriers qui brandissent un drapeau noir où est brodée la devise"Vivre en travaillant ou mourir en combattant". Le 23, les autorités quittent la ville alors que les agitateurs républicains tentent de récupérer le mouvement. 

À l’unanimité les Canuts refusent cette intrusion du politique dans le social. Leur bannière est noire comme leur peine et non tricolore. Le 24 novembre, le préfet, qui avait obtenu le tarif, donc respecté par les Canuts, rétablit le calme. Mais le nouveau roi, Louis-Philippe, ne l’entend pas de la même oreille. Ce "Roi des Français" et non plus "Roi de France" envoie vingt mille soldats dans la capitale des Gaules, sous la conduite du maréchal Soult. Ce dernier désarme la population, licencie la garde nationale, révoque le préfet, abroge le tarif du 25 octobre.La révolte ouvrière des Canuts est brisée et il faudra attendre 1848 pour revoir pareil mouvement social. Cinq mois plus tard vingt mille Parisiens meurent lors d’une épidémie de choléra.