Communiqué de FO

Les chiffres du chômage : Une interprétation compliquée mais certainement pas positive

, Michel Beaugas

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Les chiffres du nombre demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi à fin mai viennent de paraître : ils sont en hausse de 0,3% pour les catégories A (+ 9 200 personnes).

Alors que le mois précédent, les services statistiques attribuaient une partie de la baisse du nombre de demandeurs d’emploi d’avril à une augmentation inhabituelle des sorties des listes de Pôle emploi pour « défaut d’actualisation », voilà que ces demandeurs d’emploi se sont réinscrits à Pôle emploi.

C’est du moins un des éléments avancés par la DARES pour essayer d’expliquer la hausse de 0,3% sur un mois des personnes en catégorie A et de 2,4% sur un mois pour les personnes inscrites en catégories C. Mais ce n’est pas aussi simple et comme Force Ouvrière l’avait annoncé le mois dernier : il ne faut pas se contenter des apparences. La situation sur le marché du travail est particulièrement complexe ces derniers temps.

Les entrées à Pôle emploi pour fin de mission d’intérim augmentent, les entrées pour licenciements économique également, les demandeurs d’emploi inscrits en activité réduite longue (cat B) augmente alors que l’activité réduite courte diminue, un nombre de cessation d’inscription pour défaut d’actualisation toujours aussi élevé. Tout cela illustre bel et bien que la situation reste compliquée pour les demandeurs d’emploi et qu’une précarisation s’installe avec toujours plus de contrats courts, très courts.

C’est aussi contre cette précarisation que le projet de loi dit travail va accentuer que Force Ouvrière continue à se mobiliser et appelle à la prochaine journée d’actions, de grèves et de manifestations le 28 juin.

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Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

19 janvier 1949

Crise à la Fédération syndicale mondiale
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement syndical mondial ressent le besoin de fonder une organisation internationale, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM). Mais cette organisation unie ne survivra pas à la guerre froide. Face au noyautage communiste, de nombreux syndicats décident de (...)

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement syndical mondial ressent le besoin de fonder une organisation internationale, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM). Mais cette organisation unie ne survivra pas à la guerre froide. Face au noyautage communiste, de nombreux syndicats décident de créer la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL).

Le 24 octobre 1945, la FSM est fondée à Paris sous l’impulsion des Trade Unions britanniques, du Congress of Industrial Organizations (CIO) américain et des syndicats soviétiques. Son premier président en est l’ancien confédéré Louis Saillant, qui anime une tendance"centriste"entre Jouhaux et Frachon dans la CGT en 1946-1949. La FSM réunit la vieille Internationale d’Amsterdam créée en 1901 et l’Internationale Syndicale Rouge, fondéeà Moscou en 1921.
Nous sommes encore dans l’atmosphère de l’entente entre alliés, vainqueurs des nazis. La FSM obtient donc un droit consultatif au sein du comité permanent du conseil économique et social de l’ONU. Dès 1946, avec les prodromes de la Guerre froide, trois tendances se dessinent au sein de la FSM : les communistes (syndicats russes, syndicats des pays en voie de satellisation et la majorité de la CGT), les travaillistes (syndicats anglais, scandinaves, suisses et du Bénélux) et un centre (le CIO américain, la minorité de la CGT, la CGT italienne et le CHU chinois). Dès le 1er février 1947, le leader de l’American Federation of Labor (AFL), Matthew Woll, déclare que la FSM est la nouvelle forme du Komintern.
Le 11 mars 1947, le président américain Truman annonce sa doctrine visant à combattre l’expansionnisme soviétique. Deux mois plus tard, les ministres communistes sont renvoyés du gouvernement français. Le 5 juin suivant, les Américains lancent le plan Marshall visant à reconstruire l’Europe par une aide massive. Le 29, Staline refuse cette aide. Les communistes du monde entier doivent lui emboîter le pas. Les dirigeants polonais, tchèques, roumains et bulgares le regrettent mais sont obligés d’obéir. Les communistes français de la CGT n’ont pas ces états d’âme. Au comité confédéral du 12-13 novembre 1947, ils refusent catégoriquement le plan Marshall.
Un mois plus tôt le Komintern renaissait sous le nom de Kominform. En revanche, la minorité de la CGT est pour le plan Marshall. Le journal Force Ouvrière écrit le 3 juillet 1947 : « Dans les pays qu’ils gouvernent par l’intermédiaire des communistes, les Russes s’efforcent de supprimer toute liberté d’opinion, d’empêcher les contacts avec l’Europe occidentale... Ainsi la Russie refuse le plan Marshall ». Quant à Léon Jouhaux, il écrit le 24 juillet : « Le plan Marshall peut offrir une base positive à la reconstruction d’une Europe unie. »
En mars 1948, les antisoviétiques de la FSM constituent le Comité Consultatif Syndical International (CCSI), qui prépare la construction d’une nouvelle internationale indépendante des communistes. Le 19 janvier 1949, Anglais, Américains et Hollandais quittent la FSM. En juin le CCSI décide de former une nouvelle organisation. Les Américains de l’AFL et du CIO acceptent d’en faire partie. La CISL naît donc le 7 décembre 1949, avec comme vice-président Léon Jouhaux, 46 millions d’adhérents et comme slogan : « Ni Staline, ni Standard Oil ».