Loi Travail : un combat social mais aussi démocratique

Emploi et Salaires par Nadia Djabali

Article publié dans le Dossier Loi Travail
Les manifestants contre le projet de loi Travail ont défilé le long du bassin de l’Arsenal, à Paris le 23 juin 2016. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Plus de 120 rassemblements et défilés ont essaimé dans toute la France jeudi 23 juin.
Après quatre mois et dix journées de mobilisation contre la loi Travail, une majorité de Français se déclarent toujours contre le texte de loi. Le gouvernement saura-t-il les entendre ?

Kyrielles d’actions le 23 juin pour dire non à la loi Travail. Manifestations dans de nombreuses villes, comme au Puy-en-Velay, Metz et Annecy. Plusieurs milliers de manifestants ont aussi battu le pavé à Marseille et Toulouse. À Paris, casquettes vissées sur la tête, 60 000 manifestants ont longé le bassin de l’Arsenal.

Après l’épisode interdiction-autorisation de la manifestation parisienne, place maintenant au cœur du sujet : le débat sur le projet de loi.

Antoine, responsable FO dans le Val-de-Marne, n’en démord pas et si les militants de son département doivent revenir dans la rue en septembre pour signifier leur désaccord, ils répondront présents. Pour ce syndiqué depuis 1996, l’entreprise est le lieu où la pression est la plus forte sur les délégués. « On sait très bien que ce sont les accords de compétitivité qui vont leur être proposés et qu’ils seront “insignables”. » Derrière cela se profile la mise en échec du syndicalisme « et le recours au référendum d’entreprise pour, au bout du bout, se débarrasser des syndicats. Si on a légitimement recours au référendum dans les entreprises, alors à quoi bon organiser des élections ».

Le 28 juin, le jour du vote des sénateurs, une nouvelle journée d’actions s’est déroulée avec notamment la remise des votations dans les préfectures et au gouvernement.

Sortir de l’impasse

L’objectif est maintenant que le dialogue social puisse se renouer. FO a déposé des propositions et des contre-propositions, mais pour le moment rien de concret n’en ressort. L’inversion de la hiérarchie des normes reste au cœur du désaccord avec le gouvernement. « Nous n’accepterons jamais que la branche, donc les conventions collectives nationales, soit remise en cause sur la durée du travail, car cela ouvrirait d’autres brèches demain », prévient Jean-Claude Mailly dans les colonnes du journal Sud-Ouest. D’autres points restent également à discuter, comme la suppression de la médecine du travail, le référendum, les licenciements économiques et les accords de maintien et de préservation de l’emploi.

Pour sortir de ce dialogue de sourds, le secrétaire général de FO souhaite que le Premier ministre reçoive syndicats et patronat dans des rencontres bilatérales. Il ne peut y avoir d’issue si le texte reste en l’état. Le gouvernement doit entendre et reprendre un vrai débat. Le 49-3 à nouveau serait un grave déni de démocratie sociale.

Nadia Djabali Journaliste à L’inFO militante

Plus dans le Dossier Loi Travail
Tous les articles du dossier

Les annonces de Matignon répondent à certaines préoccupations des jeunes sans remettre en cause la loi Travail

Jeunes par Nadia Djabali

Face à la mobilisation des jeunes, avec les syndicats de salariés (FO, CGT, FSU et Solidaires) contre la loi Travail, le premier ministre recevait ce lundi les syndicats d’étudiants et lycéens. Les mesures annoncées à cette occasion représentent entre 400 et 500 millions d’euros par an mais ne lèvent pas les désaccords sur la loi Travail.

Le 15 septembre avec Force Ouvrière

Tract Loi Travail par Site internet Force Ouvrière

La #LoiTravail est une loi antidémocratique : imposée à coups de 49.3 et contre la majorité des syndicats.
La #LoiTravail fragilise les droits : elle inverse la hiérarchie des normes au détriment des garanties des conventions collectives.
La #LoiTravail permet une moindre rémunération des heures (...)

Cheminots : l’heure est à la grève reconductible

Rail par Evelyne Salamero

Après plusieurs journées de grève très suivies en mars et avril contre le nivellement par le bas de leurs conditions de travail, dans le cadre de la réforme ferroviaire et de l’ouverture à la concurrence, les cheminots sont de nouveau mobilisés. Cette fois, FO, notamment, appelle à une grève reconductible à compter de ce 18 mai.

L’astreinte : comment ça marche depuis la loi « Travail » ?

Durée du travail par Secteur juridique

Selon l’article L 3121-9 du code du travail, l’astreinte s’entend comme une période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail et sans être à la disposition permanente et immédiate de l’employeur, doit être en mesure d’intervenir pour accomplir un travail au service de l’entreprise. (...)