Ludovic Lanzi, référent technique dans la qualité de l’air : Défendre les intérêts des gens, ça m’anime !

InFO militante par Clarisse Josselin, L’Info Militante

Ludovic Lanzi, 36 ans, est référent technique chez AtmoSud, association agréée de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) en région PACA. Le militant, basé à Marseille, est aussi secrétaire général du Syndicat national FO des salariés de la qualité de l’air. Il se bat actuellement pour préserver le financement des AASQA partout en France.

A près une formation dans le domaine de l’électronique et quelques mois passés à bourlinguer en Amérique latine et en Asie, Ludovic Lanzi, attiré par les métiers de l’environnement, suit une formation dans le traitement de l’eau. Mais c’est dans la qualité de l’air qu’il trouve un emploi de technicien. En 2015, il est recruté par AtmoSud, chargée de surveiller la qualité de l’air en région PACA. Désormais référent technique, il gère une petite équipe mais intervient aussi, entre Marseille et Toulon, sur les capteurs qui tournent 24 heures sur 24. Son métier le passionne.  À Marseille, on a toutes les sources de pollution de l’air possibles, les bateaux, l’industrie, les transports ou le résidentiel, et l’un des plus gros sites de mesure en Europe, explique-t-il.

En France, la mesure de la pollution atmosphérique est confiée par délégation de service public aux associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), créées dans les années 1970. On en compte dix-huit sur le territoire, pour 700 salariés. Elles sont regroupées au sein de la fédération Atmo France, mais chaque AASQA a son propre fonctionnement. Leurs missions sont multiples : surveillance de la qualité de l’air, accompagnement dans la transition écologique auprès d’acteurs publics et privés comme du grand public, recherche scientifique…

Après avoir participé en 2018 à la création du CSE d’AtmoSud, en 2019 Ludovic adhère à FO, l’une des deux organisations syndicales historiquement implantées dans les AASQA. Fidèle à sa nature, il s’investit à 100 %. Apporter quelque chose aux gens, défendre leurs intérêts, ça m’anime, et je savais qu’il y avait des combats à mener dans notre secteur, explique celui qui a été durant quelques années responsable bénévole des équipes mobiles de la Croix-Rouge à Marseille.

Un siège au Conseil national de l’air

Il participe notamment, en 2021, à la négociation de la fusion entre la convention collective des AASQA et celle des bureaux d’étude (BETIC), dans le cadre de la restructuration des branches. Nous avons réussi à préserver notre sixième semaine de congés payés conventionnelle, la prime annuelle et la mutuelle, mais pas le système d’avancement automatique à l’ancienneté, regrette-t-il.

En 2021, le Syndicat national FO des salariés de la qualité de l’air est créé et Ludovic est élu secrétaire général.

Le syndicat obtient 100 % des voix chez Atmosud et ne cesse de gagner du terrain en France. Parmi les revendications, une meilleure reconnaissance des métiers et une harmonisation des conditions de travail entre les structures.  Depuis la fusion des branches, le turn-over est important, certains salariés ne se reconnaissent plus dans les AASQA où les salaires sont plus bas que dans les bureaux d’étude, explique le militant.

Aujourd’hui, l’urgence est de préserver le financement des AASQA, qui repose en partie sur des subventions versées par les collectivités locales. La Région Île-de-France vient de réduire de 20 %, soit de 350 000 euros, l’enveloppe accordée à AirParif. C’est scandaleux et inadmissible, dénonce-t-il. Toutes les AASQA tremblent, AirParif a toujours été l’une des structures les mieux dotées. L’État doit se positionner sur cette question.

Depuis 2023, Ludovic siège également au Conseil national de l’air, instance de consultation et de concertation pour lutter contre la pollution de l’air. Alors que cette pollution entraîne 40 000 décès prématurés par an et de nombreuses maladies, il souhaite aussi sensibiliser aux enjeux liés à l’environnement, y compris au niveau syndical, pour que les travailleurs puissent vivre dans une société où respirer ne les rendra pas malades.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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