Lutter contre la pauvreté par des politiques publiques ambitieuses

Toute l’actualité par Nathalie Homand, Secteur Economie et Fiscalité

© F. BLANC

S elon la dernière enquête de l’Insee, neuf millions de personnes vivent encore sous le seuil de pauvreté monétaire en France métropolitaine (plus de 10 millions avec les DOM, sans-abris, autres catégories…). Ce seuil de pauvreté est fixé par l’Insee à 60 % du revenu médian de la population (1 063 euros). Si les prestations sociales non contributives et les impôts directs diminuent bien le taux de pauvreté monétaire de 7,5 points, comme le souligne le dernier rapport de la Drees, la pauvreté reste enracinée et augmente en France depuis plus de quinze ans.

Après avoir diminué au début des années 2000, la pauvreté des travailleurs augmente depuis 2013 pour atteindre un sommet en 2017, et ce, malgré le recul du chômage. Cette évolution résulte pour partie d’une dégradation de la qualité des emplois avec une part croissante des emplois indépendants, le développement du travail en contrat court ou du travail à temps partiel.

Ainsi, l’aide sociale a pris une place de plus en plus importante dans le système de protection sociale : selon la DRESS, 6,9 millions de personnes (avec enfants et conjoints) sont allocataires de minima sociaux fin 2019 (+1,2 % en 2018) pour des dépenses évaluées à 28,3 milliards d’euros. S’ajoutent les allocations logement et la prime d’activité, que perçoivent les travailleurs à bas salaires. Le nombre d’allocataires du RSA, qui avait déjà augmenté depuis le début de la crise sanitaire, a atteint 2,06 millions en décembre 2020 (+ 7,5 % en un an)

Pauvreté : redistribution et politiques publiques

Force Ouvrière milite pour que la lutte contre la pauvreté ne soit pas considérée de façon isolée, indépendamment du reste des politiques publiques menées. Pour FO, les principales causes de la pauvreté sont à chercher au cœur de notre système économique et du fonctionnement du marché du travail. La pauvreté ne se mesure pas qu’en termes monétaires ou conditions de vie, mais également en termes d’accès (ou plutôt de restriction) aux droits fondamentaux. Les personnes en situation de pauvreté ont souvent un accès inégal à l’emploi, à la santé, à l’éducation, au logement ou encore aux services bancaires de base. Il devient urgent de corriger l’angle mort du plan de relance par des mesures de soutien dirigées vers les jeunes et les plus précaires, et de définir des politiques de redistribution assises sur une réforme fiscale d’ampleur, rétablissant une véritable progressivité de l’impôt et mettant davantage à contribution le patrimoine des plus aisés. Il est d’autant plus urgent pour FO de rappeler ses revendications d’abandon de la réforme de l’Assurance chômage – qui va exclure bon nombre d’allocataires –, d’augmentation conséquente du Smic et du point d’indice dans la fonction publique et des minima sociaux. FO soutient également une revendication d’ouverture des droits à une allocation dès 18 ans, au moins équivalente au RSA et sans contreparties.

Pour FO, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale doit s’analyser globalement avec le maintien de politiques publiques ambitieuses – dont celle du logement – en termes de moyens pour les services publics et pour les organismes sociaux, afin de lutter à la fois contre le non-recours et de préserver l’égalité des droits au sein des territoires.

Nathalie Homand Secrétaire confédérale au Secteur de l’Economie et du Service Public

Secteur Economie et Fiscalité

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