Marie Brizard : le fighting spirit paye

Toute l’actualité par Michel Pourcelot

© FGTA-FO

Face à un plan social aux conditions médiocres, une intersyndicale s’était constituée au sein de la société de spiritueux Marie Brizard (MBWS, soit Marie Brizard Wine & Spirits). Suite à des négociations infructueuses, cinq jours de grève ont amené à des négociations qui ont permis d’obtenir des avancées notables.

Les salariés de Marie Brizard (MBWS France, filiale de MBWS, ex-Belvédère) et une intersyndicale, comprenant FO, ont finalement obtenu, samedi 26 octobre 2019, un accord portant notamment sur les conditions de départs de 49 commerciaux ainsi que des garanties « pour ceux qui restent », les salariés craignant de nouvelles déconvenues à l’avenir. L’accord a été négocié avec la direction du groupe MBWS venue spécialement en Gironde.

Obtention d’engagements et de garanties

Ainsi, après 4 mois de négociations difficiles et 5 jours de grève non-stop, comme le rappelle la FGTA-FO (Fédération générale des travailleurs de l’agriculture, de l’alimentation, des tabacs et des activités annexes), les salariés et l’intersyndicale ont finalement obtenu des engagements qui ont conduit à la reprise du travail, dont notamment 5 mois de salaire ajoutés à l’indemnité de licenciement légale ou conventionnelle, l’indemnité du congé de reclassement (ICR) à 70%, et, en cas de retour à l’emploi avant la fin du congé de reclassement, le versement de 80% du solde de l’ICR par mois entier, et la garantie de la validité des conditions du PSE pendant trois ans.

La détermination a payé

La grève s’était déclenchée le 22 octobre sur le site de production de Lormont, en banlieue de Bordeaux. Le 20 juin dernier, MBWS France avait convoqué son comité social et économique (CSE) pour annoncer un projet de redéploiement (...) visant à mutualiser une partie de ses activités commerciales avec des entités de distribution tierce dans le pays. Projet se traduisant par la suppression de 51 postes appartenant à la force de vente commerciale en France, soit près d’un quart des effectifs de MBWS France totalisant quelque 215 personnes. Le groupe, qui employait fin 2018 près de 1 900 personnes dans le monde, s’était alors engagé à tout mettre en œuvre pour limiter au maximum les conséquences du projet sur l’emploi et à accompagner les salariés dans le cadre des mesures sociales qui seraient mises en œuvre. Un discours qui n’avait pas vraiment convaincu les salariés. Actionnaire majoritaire de ce groupe depuis peu, la COFEPP, n°2 du secteur des spiritueux en France, avait bien proposé de reprendre des salariés mais avec un statut inférieur et un « salaire dégressif »… Après l’annulation d’un premier PSE, un second avait débuté le 19 septembre, un plan au rabais selon l’intersyndicale, qui avait dénoncé les conditions déplorables de licenciements alors même que quelque cent millions d’euros étaient remontés vers le groupe MBWS. La détermination a fini par payer.

Michel Pourcelot Journaliste

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