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Météo-France, IGN, CEREMA : les agents demandent des moyens pour leurs missions

, Françoise Lambert

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© Denis Allard/REA

Mardi 12 décembre, à l’appel plusieurs syndicats , 233 salariés se rassemblent à Saint-Mandé (Val-de-Marne) devant le siège de Météo-France, de l’IGN et du CEREMA Ile-de-France. Le nombre de manifestants correspond au nombre minimum de postes qui seront supprimés dans ces trois établissements publics l’année prochaine.

Les agents de Météo-France, de l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière français, anciennement Institut géographique national), et du CEREMA Ile-de-France (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) manifestent aujourd’hui devant le siège de leurs établissements à Saint-Mandé, près de Paris, contre des réductions de moyens et d’effectifs.

Les moyens ne suivent pas pour lutter contre le changement climatique

En France, les moyens ne suivent pas pour lutter contre le changement climatique, estime Laurent Janvier, de la fédération de l’Equipement, de l’environnement, des transports et des services Force Ouvrière (FEETS-FO).

Les syndicats ont choisi pour leur mobilisation un jour symbolique, celui du One Planet Summit, sommet international sur le climat co-organisé par la France avec l’ONU et la Banque mondiale, et qui réunit dirigeants internationaux, acteurs mondiaux de la finance, sur la question du financement de la lutte contre le réchauffement climatique.

Des réductions budgétaires paradoxales

Ils pointent ainsi le paradoxe des réductions budgétaires décidées par l’État français, qui ne permettront plus au météorologues, aux cartographes et aux experts des risques, d’assurer leur missions, dans un contexte de renforcement des menaces liées aux événements météorologiques.

Pas moins de 233 suppressions de postes sont prévues en 2018 dans les trois établissements publics Météo-France, IGN et CEREMA Ile-de-France, alors que 218 postes ont déjà disparu en 2017. Cette tendance se poursuivrait chaque année jusqu’en 2022, elle pourrait même s’accélérer, précise Laurent Janvier.

Ces réductions de moyens s’inscrivent dans un programme baptisé « Action publique 2022 », lancé par le Premier ministre le 13 octobre 2017. Un plan qui prévoit une transformation du service public, et dont l’un des principaux objectifs est d’ accompagner la baisse des dépenses publiques avec un objectif assumé de - 3 points de PIB d’ici à 2022.

Perte de compétences en vue

Laurent Janvier (FO) s’alarme en outre de la perte de compétences qu’induira ce plan au sein de Météo-France, de l’IGN et du CEREMA : Avec la disparition progressive de missions menées par des spécialistes très pointus dans leur domaine, l’État ne disposera plus d’une expertise publique pourtant indispensable, par exemple pour prévenir les effets désastreux d’événements climatiques.

Comment ne pas s’inquiéter de la qualité de service rendu aux citoyens, aux collectivités, aux entreprises, et de la capacité de la France (…) à répondre aux enjeux des évolutions climatiques : anticipation, connaissance du territoire et capacité d’agir ?, s’interrogent les syndicats.

Ils étaient reçus au ministère de la Transition écologique et de la solidarité, leur ministère de tutelle, mardi 12 décembre à 9 heures.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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