Métiers du grand âge : Les propositions El Khomri très en deçà des attentes

Toute l’actualité par Valérie Forgeront

Myriam El Khomri, en charge du rapport sur l’attractivité des métiers du grand âge, et Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, le 28 octobre 2019. © Gilles ROLLE/REA

Le rapport El Khomri censé dégager des pistes pour rendre attractifs les métiers du grand âge et de l’autonomie ne propose pas de mesures à la hauteur des enjeux déplore la fédération SPS-FO.

Les 59 propositions du rapport sur les métiers du grand âge et de l’autonomie remis fin octobre à la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, semblent ignorer les besoins urgents des professionnels déplore la fédération FO des personnels des services publics et de santé (SPS-FO).

Or, sans moyens ni effectifs supplémentaires, le risque pour les professionnels (aides-soignants, accompagnants…) de se retrouver en situation de maltraitance institutionnelle perdure. La SPS-FO maintient plus que jamais le préavis de grève dans les secteurs sanitaires et médicaux-sociaux et réitère son soutien aux diverses actions menées actuellement. Cela comprend la journée de mobilisation du 14 novembre pour la défense de l’hôpital.

Le rapport – issu de la mission confiée à l’ex-ministre du Travail, Myriam El Khomri – propose des mesures se faisant fort de booster l’attractivité des métiers du grand âge. Au final, il prône un plan d’action sur cinq ans doté de quatre milliards d’euros.

L’attractivité passe par la revalorisation générale des salaires et la reconnaissance de ces personnels

C’est ridiculement peu s’indigne FO rappelant qu’il a déjà été démontré la nécessité d’un investissement de huit à dix milliards d’euros. De même, s’il note que le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmentera de 20% d’ici 2030, le rapport propose la création d’ici 2024 de 92 500 postes (soit 18 500 par an).

Non seulement indique la SPS-FO certaines de ces créations ne constitueraient en fait que des remplacements de départs mais surtout : Il faudrait plus de 220 000 créations de postes pour atteindre le ratio d’un professionnel par résident ou personne âgée. Pour la fédération ce ne sont pas les mesures de ce rapport qui pourront mettre fin à la souffrance observée et subie par les professionnels et personnes âgées depuis de nombreuses années tant au sein des Ehpad que dans le secteur des soins à domicile.

Ainsi au plan des rémunérations, la seule réponse de la mission est de proposer de remettre à niveau au 1er janvier 2021 les rémunérations inférieures au Smic dans les grilles des conventions collectives à domicile. FO demande une revalorisation générale des salaires afin que les professionnels soient correctement rémunérés. Cela constituerait un premier élément de reconnaissance pour un travail difficile au service des autres.

La confédération a lancé une grande campagne sur les services à la personne en ce sens.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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