Militant, engagé, rebelle, Jo Salamero nous a quittés

Entre Militants par L’Info Militante

© G. Ducrot

Joachim Salamero, que les camarades appelaient affectueusement Jo, nous a quittés le 4 février, emporté à 90 ans par la Covid-19. Né en 1931 à Bordeaux dans une famille de réfugiés, Jo était riche d’une longue vie militante et d’engagements forts, puisant leur source dans le combat de ses grands-parents contre la dictature en Espagne. Ajusteur-mécanicien de formation, fervent laïque, libre-penseur, imprégné de l’anarcho-syndicalisme, il  fait partie de ces figures que l’histoire du mouvement ouvrier retiendra, militant infatigable pour l’émancipation de la classe ouvrière, souligne la confédération lui rendant hommage. Après avoir, alors ouvrier métallurgiste, adhéré à la CGT, ne supportant pas son inféodation politique au stalinisme, il a su qu’il devait, ne pouvait que, rejoindre les rangs de Force Ouvrière, a rappelé Yves Veyrier, le secrétaire général de la confédération, lors de la cérémonie d’adieu au militant le 11 février à Bordeaux. Jo rejoindra FO en 1963. Ouvrier chez Dassault, il fut délégué du personnel puis secrétaire du syndicat départemental, il prit ensuite des responsabilités au sein de l’union départementale FO de la Gironde, dont il sera secrétaire général adjoint avant d’en devenir secrétaire général de 1990 à 1996.  Il y militera constamment, y demeurant actif jusqu’à ces dernières semaines avec l’union départementale des retraités, rappelle la confédération. Jo est de celles et ceux qui ont nourri, nourrissent infatigablement, l’indépendance du syndicat, porteur de l’esprit et des aspirations de la charte d’Amiens. En 1992, lors du congrès confédéral, Jo sera élu membre de la Commission exécutive confédérale. Il en demeurera membre jusqu’au congrès de février 2000. Jo était un engagé, un révolté toujours, un rebelle, de ceux que chérissait Marc Blondel. Sincère et vif dans le débat, il pouvait parler haut et fort, s’emporter, tant il voulait convaincre. Jo écoutait aussi, respectait toujours les camarades, se souvient Yves Veyrier. La confédération adresse ses sincères condoléances à Evelyne, sa fille ― journaliste à L’inFO militante ―, à ses petits-enfants, à sa famille, à ses amis et à ses proches, à ses camarades de tous horizons.