Mobilisée pour l’emploi, FO réunit ses référents handicap

InFO militante par Clarisse Josselin, L’Info Militante

© F. BLANC

La confédération FO a réuni le 17 novembre son réseau de référents handicap. Les salariés en situation de handicap sont plus exposés que les autres à la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. L’objectif de cette journée militante ? Être plus que jamais en capacité de défendre et d’accompagner ces travailleurs.

C’est sous un nouveau format que la confédération FO a organisé le 17 novembre sa traditionnelle journée dédiée à la thématique du handicap. Après une vingtaine d’éditions, la journée Travail et Handicap a cédé la place à la première Journée des référents handicap désignés par les unions départementales et fédérations nationales.

Crise sanitaire oblige, la manifestation, qui a réuni près de 80 participants, s’est déroulée en visioconférence. Au programme, des interventions, des ateliers (rôle et missions des référents FO, outillage et animation du réseau handicap FO), et la présentation de nouveaux outils.

Au départ, notre objectif était de mener des actions de sensibilisation, a expliqué Anne Baltazar, conseillère confédérale FO chargée du handicap, dans son discours introductif. Désormais, nous nous orientons vers une action plus militante pour mieux répondre aux attentes des référents. Objectif de la journée, construire une feuille de route avec des outils, des moyens et un mode de fonctionnement.

La mission d’un référent handicap FO est d’informer, former, conseiller et accompagner les négociateurs, délégués syndicaux, militants et adhérents. Il fait la promotion de l’emploi des personnes en situation de handicap. Il coordonne également les actions des représentants FO du ressort de sa structure (fédération, union départementale). Un rôle d’autant plus important que les moyens des représentants du personnel ont été réduits avec la mise en place des CSE.

Renforcer la dynamique dans les structures FO

Yves Veyrier, secrétaire général de la confédération FO, a souligné l’importance de renforcer la dynamique dans les structures sur les sujets liés au handicap et au travail. La présence d’un référent formé en entreprise et dans les branches est indispensable pour faire avancer les revendications et faire progresser la situation des handicapés au travail, a-t-il ajouté. Il faudrait un référent handicap dans toutes les unions départementales et fédérations professionnelles.

La situation de l’emploi des travailleurs en situation de handicap n’a que trop peu évolué ces dernières années, même si la loi Avenir professionnel de septembre 2018 impose aux entreprises de plus de 250 salariés de nommer un référent handicap chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les personnes concernées.

Une personne sur deux connaîtra dans sa vie une situation de handicap durable ou réversible. Seulement 15% des handicaps étant présents à la naissance, 85% des situations de handicap surviennent au cours de la vie. Deux millions de personnes bénéficient de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), soit 7% de la population active. C’est pourquoi FO revendique que le taux d’emploi de salariés en situation de handicap passe de 6% à 7% des effectifs de l’entreprise, quelle que soit sa taille.

L’aide à l’embauche prolongée jusqu’en juin

Or ce taux d’emploi était de seulement 3,9 % dans le privé fin 2018 et de 5,83 % dans le public en 2019. Les salariés porteurs de handicap sont deux fois plus au chômage que les autres, avec un taux de 16%, contre 8% en moyenne pour les salariés valides. Ils sont aussi plus souvent discriminés au travail. En 2019, le handicap restait le premier motif de saisine du Défenseur des droits en matière de discrimination.

Les salariés handicapés ont été plutôt épargnés en termes d’emploi durant les premiers mois de l’épidémie de Covid-19. Au 1er semestre 2020, les amortisseurs sociaux (prime à l’embauche, aides à l’alternance, ouverture de l’emploi accompagné…) et les mesures mises en place par l’Agefiph ont permis de préserver l’emploi (activité partielle, arrêt maladie des personnes vulnérables, développement du télétravail, mesures de soutien à l’activité professionnelle…). Mais il y a une vraie inquiétude aujourd’hui, la crise sanitaire fait craindre un recul sur l’emploi dès le second semestre 2020, a ajouté Yves Veyrier. Les risques de licenciement pour inaptitude et de désinsertion professionnelle sont notamment accrus.

Le secrétaire général de FO a appelé les syndicats, lorsqu’ils négocient (plans sociaux, ruptures conventionnelles collectives, plans de départs volontaires, accords d’activité partielle…), à attirer l’attention sur la situation particulière des salariés handicapés et à revendiquer l’inscription de critères protecteurs et de majorations spécifiques (congé de reclassement, indemnité de mobilité…).

Cette situation inquiète aussi le gouvernement. Le 16 novembre, à l’issue d’un comité interministériel du handicap, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé des mesures en faveur de l’emploi de personnes en situation de handicap. L’aide de 4000 euros versée pour un recrutement en CDI ou CDD de plus de 3 mois sera notamment prolongée jusqu’en juin 2021. Il a également promis l’augmentation des entrées en contrat d’apprentissage.

Un nouveau site internet FO dédié au handicap

Serge Legagnoa, secrétaire confédéral chargé de la protection sociale collective, est venu faire un point sur la négociation interprofessionnelle sur la santé au travail, voulue par FO, et qui pourrait se conclure en décembre. Pour FO, la question de la prévention est primordiale, pour éviter toute désinsertion professionnelle. On peut subir une maladie ou un accident au cours de sa carrière, et les salariés en difficulté ne doivent pas se retrouver inaptes, a expliqué le négociateur. Il faut prévenir au maximum et le plus tôt possible, avec tous les acteurs concernés. Pour cela, FO revendique des actions concrètes et des moyens. Serge Legagnoa a également évoqué la création de la nouvelle branche de la Sécurité sociale dédiée à la prise en charge de la perte d’autonomie, dont le financement est actuellement insuffisant.

De son côté, Anne Baltazar est revenue sur la négociation interprofessionnelle sur le télétravail, dont une séance se tenait concomitamment. Un volet spécifique est consacré au handicap. Les salariés en situation de handicap doivent faire l’objet d’une attention particulière, a-t-elle expliqué. Ils ne doivent pas être exclus du télétravail mais ne doivent pas non plus l’utiliser plus que les autres, au risque d’être écartés du collectif de travail.

Elle a également rappelé qu’il fallait garantir l’accessibilité des documents, par exemple en permettant de vocaliser des PDF ou en sous-titrant systématiquement les vidéos. FO propose aussi de créer une annexe à l’accord précisant les besoins spécifiques des salariés selon leur handicap.

Cette journée a par ailleurs été l’occasion pour la Mission handicap confédérale de dévoiler de nouveaux outils. Le nouveau site internet dédié au handicap https://handicap.force-ouvriere.org est accessible depuis le 15 novembre. Un clip vidéo, nouvel épisode de la série Bienvenue dans le monde du travail, consacré aux revendications de FO pour les salariés handicapés, a aussi été présenté. Et l’édition 2021 du guide pratique Travail et Handicap vient de paraître.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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