Montauban : les salariés de la biscuiterie Poult en grève 24 heures en soutien à leurs collègues

InFO militante par  Maud Carlus, L’Info Militante

Usine Poult
©Lydie LECARPENTIER/REA

Les salariés de l’usine de Montauban appartenant au groupe Poult ont cessé le travail le 16 septembre afin de protester contre les menaces sur l’emploi via plusieurs annonces de leur direction. Premier coup dur, la fermeture prochaine d’un des sites du groupe, situé à Aire-sur-l’Adour (Landes), qui emploie 47 personnes et le lancement d’un PSE.

Si vous m’aviez demandé il y 3 ou 4 ans comment on me connaissait dans cette entreprise, je vous aurais dit Robert Poncharreau. Aujourd’hui, je suis “XAB... etc. Nous sommes tous devenus des matricules. C’est ainsi que le DSC FO du groupe Poult, résume la situation actuelle au sein de son entreprise.

Les salariés de l’usine de Montauban se sont mis en grève le 16 septembre dénonçant les menaces sur l’emploi au sein du groupe. L’emploi. Le 10 septembre, en effet lors d’un comité de groupe, la direction avait annoncé e la fermeture définitive au 17 décembre prochain de l’une des usines, située à Aire-sur-l’Adour (Landes). Le site, qui emploie actuellement 47 salariés, fera l’objet d’un PSE.

Suppression de 30 emplois supplémentaires

La direction compte proposer aux salariés de venir travailler sur le site de Montauban, mais cela paraît irréalisable de tout quitter pour déménager à 200 km de son domicile, s’indigne le délégué. Cette grève était donc en solidarité avec nos collègues dont on craint que certains n’auront pas d’autre choix que d’accepter un licenciement.

Autre annonce faite le 10 septembre : celle de supprimer 30 emplois sur le reste des établissements du groupe, dans le cadre d’une GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels). Cette GEPP, FO la demande depuis des années, mais pas dans ces conditions, pas dans la précipitation et en l’utilisant comme prétexte pour supprimer des emplois. Aujourd’hui, nous n’en voulons pas.

Une biscuiterie ouverte en 1883

La direction assure que les salariés impactés seront reclassés au sein du groupe. Mais cela relève de l’illusion selon Robert Poncharreau. Ils veulent replacer des gens sur des sites qui sont déjà saturés, on ne voit pas comment ce sera possible. Il va falloir monter en compétences pour des salariés dont certains ont un certain âge, ce n’est pas aussi évident qu’on veut nous le faire croire.

Le coup de grâce est arrivé lorsque la direction a fini par révéler son intention de fermer les magasins d’usine historiques à Montauban. Cette biscuiterie a été ouverte en 1883, c’est tout un symbole pour les Montalbanais, poursuit le militant. Moi j’ai 43 ans, j’ai toujours connu ces magasins. Les fermer, ce serait un énorme coup dur pour l’activité locale. Il rappelle que le biscuitier Poult est l’une des plus grosses entreprises du secteur privé de Tarn et Garonne et l’un des plus gros employeurs.

Des licenciements injustes et injustifiés

Argument avancé par la direction pour justifier ces décisions : les pertes liées à la pandémie. En effet, depuis les confinements, les ventes de biscuits ont baissé, car les gens ont pris l’habitude de cuisiner eux-mêmes leurs gâteaux, souligne le DS. Le marché de la biscuiterie sucrée est certes en fort recul depuis 2 ans, et de ce fait nous sommes en difficulté, mais pas en déficit. Ces licenciements sont injustes et injustifiés. Pour nous, c’est surtout l’actionnaire qui a besoin d’argent, on nous parle de fermer un site mais nous savons qu’il y a des discussions pour en racheter d’autres. Il n’y a aucune justice sociale.

Cette pression sur l’emploi et les chiffres n’est pas seulement à attribuer aux difficultés conséquentes au Covid, souligne Robert Poncharreau. En effet, l’entreprise Poult est célèbre pour avoir mis en place dans les années 2000 un management dit libéré, c’est-à-dire incluant les salariés à tous les niveaux de décisions. L’entreprise avait alors connu des années florissantes, même si tout n’était pas parfait.

Désormais sous la coupe d’un fonds d’investissement

C’est en 2016 que les choses ont commencé à changer, lorsque le groupe Poult, qui emploie entre 800 et 900 personnes en France, est racheté par le leader européen Biscuit International. Celui-ci décide de revenir à une gestion classique, avec une optique de rentabilité très présente. Puis, le groupe change encore de mains en 2020, passant sous la coupe du fonds d’investissement américain Platinum Equity. L‘ambiance s’assombrit encore. Depuis près de deux ans le délégué note d’ailleurs l’augmentation de son activité syndicale. Depuis 2020, syndicalement on est sur le terrain 24h/24, les conditions de travail ont bien changé. Et pas en bien.

Pour l’heure, explique Robert Poncharreau, le syndicat FO se concentre sur le PSE annoncé, et entend négocier les meilleures conditions possibles pour les salariés touchés impactés par la fermeture de site de Aire-sur-l’Adour. Une première réunion de préparation a eu lieu le 4 octobre, et une autre le 6 octobre.

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