Congrès d’UD

Moselle : des militants déterminés à ne pas rester l’arme au pied

, Evelyne Salamero

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Ils étaient 220 délégués à participer au XXXVe congrès de l’union départementale de Moselle, le 10 novembre 2018 à Serémange-Erzange, dans la vallée de la Fensch, sous la présidence de Nathalie Homand, secrétaire confédérale en charge du secteur Economie et Service Public.

[…] Personne ne peut imaginer que nous restions l’arme au pied, spectateurs du démantèlement de cent ans d’acquis sociaux. En tout cas, l’Union départementale de la Moselle n’en a pas l’intention, indiquait déjà le rapport d’activité des trois années écoulées rédigé en septembre dernier et présenté par Alexandre Tott réélu lors de ce congrès secrétaire général pour un quatrième mandat. Les délégués des syndicats FO mosellans ont adopté ce rapport à une écrasante majorité (377 voix pour et six contre).

Leur feuille de route pour les trois années à venir, contenue dans la résolution générale votée à l’unanimité à l’issue des débats, a confirmé combien cette volonté de résistance reste à l’ordre du jour : Les attaques contre notre modèle social et contre tous les acquis sont d’une telle ampleur que le congrès estime que la seule issue est d’organiser la résistance et le combat, ont souligné les délégués.

S’appuyer sur les dernières mobilisations

S’inscrivant dans les décisions et résolutions du congrès confédéral de Lille d’avril 2018, ils ont estimé qu’il faut impérativement engager toutes les forces du syndicat, dans l’unité d’action la plus large et en s’appuyant sur les journées de manifestations et de grève des 28 juin et 9 octobre 2018, dans une mobilisation interprofessionnelle qui ne peut être que la grève dans tous les secteurs […].

Et de lancer une mise en garde contre les prétendues concertations qui ont pour seul but d’associer les organisations syndicales aux contre-réformes, expliquant que si la discussion et la confrontation des analyses, des positions et des revendications avec le gouvernement et les interlocuteurs sociaux sont nécessaires, elles ne doivent pas conduire à l’impuissance du point de vue de l’action et de la mobilisation.

Salaires, retraites, droits collectifs, ré-industrialisation... Les priorités

Augmentation des salaires, des retraites, des allocations et des minimas sociaux, défense de l’emploi et de la ré-industrialisation, défense de la retraite avec tous ses régimes spéciaux, de la sécurité sociale, du régime local d’assurance maladie, de l’assurance chômage, des services publics, défense des droits collectifs remis en cause par les réformes du code du travail dont ils continuent de revendiquer l’abrogation, défense du Statut de la Fonction publique, mais aussi développement de l’organisation syndicale : telles sont les priorités définies par les militants FO.

La question de la ré-industrialisation reste vitale dans ce département, jadis fleuron de l’industrie charbonnière mais qui a vu fermer la dernière mine française en 2004, et où les années qui ont suivi, censées être celles de la « revitalisation », ont surtout été marquées par la perte de milliers d’emplois, un taux de chômage longtemps supérieur à la moyenne nationale, des restructurations à la chaîne dans le secteur de la chimie, et, comme ailleurs, les conséquences de la crise de 2008.

Les délégués FO ont donc réaffirmé tout leur soutien aux syndicats FO, aux militants, aux adhérents et aux salariés touchés actuellement par les plans de restructuration, de fermeture et de licenciements, en particulier ceux de Thissen Krupp Industrial Solution à Sarreguemines confrontés à la liquidation d’un tiers des effectifs et ceux de ZR TRW à Bouzonville menacés de restructurations, sans oublier les agents de l’Afpa. Deux des trente-huit centres que l’Agence pour la formation professionnelle des adultes veut fermer se trouvent en effet dans le département : l’un à Yutz et l’autre à Faulquemont.

La défense du droit local en tant qu’avantage acquis plus favorable que le droit commun

Un autre enjeu crucial pour les militants FO de la Moselle est la sauvegarde du droit local du travail et de la protection sociale découlant de l’histoire particulière de la région Alsace-Lorraine que la France et l’Allemagne se sont longtemps disputée.

La Moselle jouit notamment de deux jours fériés supplémentaires, d’un cadre plus contraignant pour l’ouverture des magasins le dimanche et les jours fériés, et d’un régime local d’assurance maladie.

Autant de dispositions que l’Union départementale FO de la Moselle défend depuis toujours en tant qu’avantages acquis plus favorables que les dispositions de droit commun, mais absolument pas comme un particularisme lié à une pseudo identité régionale, rappelle le rapport d’activité.

Il était d’autant plus important pour les délégués FO de rappeler cette position que, si à ce jour les actions engagées par l’Union départementale depuis plusieurs années ont empêché la remise en cause de ce droit local, la réforme constitutionnelle à venir pourrait changer la donne.

Le régime local d’assurance maladie est particulièrement visé, l’instance de gestion n’ayant visiblement pas renoncé à le transformer en une mutuelle bas de gamme dans le cadre de la complémentaire santé obligatoire, ont dénoncé les congressistes.

Le développement de l’organisation plus que jamais à l’ordre du jour

Le nombre des implantations FO dans le département a augmenté de 20% en quatre ans et celui des adhérents de 33% en dix ans. Mais cette progression n’est pas encore suffisante ont constaté les délégués FO. Ils ont donc appelé tous les syndicats FO à engager une campagne de syndicalisation dans toutes les entreprises et administrations.

Conscients que le CSE, notamment, aggrave les conditions d’exercice de l’activité syndicale, les délégués ont également appelé les syndicats à se rapprocher de manière concrète de l’Union départementale et des Unions locales pour travailler à l’augmentation des implantations syndicales dans le secteur privé et dans la Fonction publique, notamment dans les collectivités territoriales.